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Notre classe

Grève reconductible

Toulouse. 300 profs en AG reconduisent la grève et appellent à des rencontres interpro !

A l’invitation de l’AG étudiante/personnel du Mirail, les profs de l’Education Nationale ont tenu leur AG à l’université. La reconductible a été votée jusqu’à vendredi et les enseignants appellent tous les secteurs à se regrouper en interprofessionnel.

mardi 10 décembre 2019

Le matin du mardi décembre, journée de grève interprofessionnelle, à la première heure, les étudiants et les personnels s’activent sur la fac du Mirail. Diffusion de tracts appelant à la manifestation, création de banderoles, de pancartes, notamment en soutien à Odile Maurin, figure du mouvement des Gilets jaunes, récemment condamnée, prise du grand amphi pour que les enseignants et profs de l’Education nationale puisse tenir leur AG, comme cela avait été voté la veille.

Ce sont ainsi près de 300 enseignants qui se sont réunis, tous degrés confondus pour discuter des modalités de continuation de la lutte. Les profs sont un des secteurs qui fait figure de tête de file de la grève contre les retraites à côté de la SNCF et de la RATP. Après l’énorme surprise de leur mobilisation historique le 5 décembre, de nombreux établissements ont continué une grève reconductible. Si le taux de grévistes est plus faible ces derniers jours que le 5 décembre (qui avait été prévu de longue date), beaucoup d’enseignants qui ne sont pas en reconductible se questionnent quotidiennement sur le fait d’y aller. Il est de plus en plus clair qu’aujourd’hui seule des appels à la grève reconductible pourront motiver suffisamment de travailleurs dans l’éducation mais encore plus dans le privé à y aller, à partir en reconductible jusqu’au retrait total de la réforme.

L’éducation nationale montre la voie à beaucoup de secteurs aussi par ses traditions d’organisation dont beaucoup ont été acquises lors des grèves contre les lois Blanquer en fin d’année scolaire. Dès la première AG, des commissions se sont mises en place pour organiser au quotidien la grève et les actions pour la faire vivre. D’ores et déjà, une caisse de grève (dont nous relaierons bien entendu le lien pour la cagnotte en ligne dès qu’il sera disponible) qui sera commune à toute l’éducation de la maternelle à l’université contre toute forme de corporatisme, une caisse qui sera dirigée en premier lieu vers les grévistes les plus précaires. Ensuite, les enseignants ont tout de suite eu une tension à mettre en place une garderie pour que les grévistes qui ont des enfants puissent se dégager du temps. Une enseignante précisait qu’il s’agit là d’une action féministe, ce sont en effet souvent les mères qui se retrouvent à s’occuper des enfants, à l’image de la contestation contre la réforme des retraites qui va précariser encore davantage les femmes et notamment les mères isolées. Des mesures dont toutes les AG et tous les secteurs en lutte devraient s’inspirer comme moyen de rendre la grève effective dans la durée.

Autour du débat sur la reconductible, et les pressions contre les grévistes, des enseignants ont pris la parole pour appuyer que c’est la détermination d’un noyau qui reconduisent dans les établissements qui peut motiver, donner confiance et massifier la mobilisation. Diane, prof en collège à Auterive, intervenait dans ce sens.

L’assemblée générale a également ouvert un débat sur la structuration du mouvement, notamment autour des cadres concret de l’auto-organisation, en partant du bilan des différentes commissions qui ont émergés pour structuré la grève. La question du comité de grève et du rôle des commissions a ainsi été ouvert, et le débat n’est pas encore tranché.

Une commission interpro s’est également constituée et appelle à une réunion ce soir à 17h après la manifestation, pour que des délégations des AG des secteurs en lutte se coordonnent pour mener des actions en commun. La réunion aura lieu au local du SNES au 2 avenue Jean Rieux. Une première étape pour commencer à ce que ce soit la base des grévistes qui décide de la grève, contre toutes les tentatives de sécession de secteurs syndicaux ou d’un secteur qui aurait reçu des miettes du gouvernement permise par les appels de l’intersyndicale nationale à des négociations, « on commence ensemble, on finit ensemble », il est clair pour tout le monde qu’il faut obtenir le retrait total de la réforme sans négociation ou calcul d’épiciers. Pour cela, aller vers des AG interprofessionnel devient une nécessité vitale pour le mouvement. Un premier pas vient sûrement d’être franchi à Toulouse, cette dynamique doit être appuyée et développée par toutes les forces vives des AG, des militants syndicaux combatifs.

Dans l’immédiat, l’éducation va rejoindre le cortège jeune pour manifester ensemble à partir de 14h à St-Cyprien. Les enseignants se retrouveront dès jeudi en assemblée générale décentralisée, c’est-à-dire dans chaque établissement et vendredi matin en assemblée centrale de ville.




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