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Monde

Le capitalisme tue aussi la planète !

Un nouvel « écocide » au Brésil

Vale S.A., la plus grande société minière au monde, se trouve au cœur d’une nouvelle catastrophe écologique : la rupture d’un barrage minier à Brumadinho, une ville de 39 000 habitants dans le sud-est brésilien. La boue toxique a inondé la région et laisse derrière elle (pour le moment) 99 morts, plus de 259 personnes disparues et un impact environnemental incalculable.

vendredi 1er février

Crédits : AFP

C’est indéniable, la société Vale S.A. et les gouvernements ont du sang sur les mains. Trois ans après la plus grande catastrophe écologique du Brésil à Mariana quand la rupture du barrage de la compagnie minière Samarco (copropriété de la Vale et BHP Hilton) avait contaminé le fleuve Rio Doce jusqu’à l’océan, l’histoire se répète dans la municipalité de Brumadinho. La région a été complètement inondée par des boues toxiques et, malgré la difficulté à calculer l’impact environnemental réel, il est très probable que les déchets toxiques contaminent le Sao Francisco, fleuve très important qui s’entend jusqu’au Nordeste brésilien.

La société Vale était autrefois une entreprise publique brésilienne et a été privatisée dans les années 1990 et vendue à un prix symbolique par le président néolibéral Fernando Henrique Cardoso. Son successeur du Parti des Travailleurs, Lula da Silva, a continué l’attaque avec une politique de flexibilisation des permis d’exploitation environnementale. Avec Bolsonaro, on peut voir une volonté d’approfondissement de l’exploitation des forêts et de la nature qui peut s’avérer irréversible.

Des milliers de déchets toxiques ont inondé la zone de Brumadinho laissant un sillage de destruction. Dans sa composition, il y a des métaux lourds, dont du fer, manganèse. L’avidité des capitalistes miniers a un prix : l’annihilation des écosystèmes, des travailleurs englués dans la boue toxique, des communautés indigènes n’ayant plus de quoi vivre.

Bolsonaro a montré depuis le début qu’il gouvernerait pour les grands propriétaires fonciers et les grandes entreprises quand il dénonçait la « bureaucratie de la fiscalisation » de l’Ibama, organisme chargé de la protection de l’environnement au Brésil. Et plus récemment, dans son discours à Davos pour le Forum Economique Mondial, il a défendu la compatibilité entre la préservation de l’environnement et le développement économique.

Mais l’action la plus symbolique de ce gouvernement c’est l’accueil de l’armée israélienne pour le secours tandis que la société Vale a empêché l’entrée d’autres secouristes et d’aides comme des vivres, en bloquant toutes les entrées qui donnaient accès à la région affectée. En résumé, aucune aide aux victimes, seulement une soumission aux intérêts capitalistes.

Avec un agenda de privatisations et, entre autres, la flexibilisation des permis d’exploitation environnementale portés par Bolsonaro, il est important de lutter contre les privatisations et pour la nationalisation de la Vale et de tous les services, sous la gestion de travailleurs et spécialistes de l’environnement, pour que la richesse naturelle du pays soit utilisée en faveur des travailleurs et des classes populaires et non d’une minorité de capitalistes qui s’enrichit avec la misère et la destruction.




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