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International

Le FIT fait 4% dans la province de Buenos Aires, 6% dans la capitale et 12% à Mendoza

« Un résultat important pour ces élections », selon Del Caño, repris dans ‘Página/12’

C’est l’expression reprise en titre dans l’article d’Adriana Meyer, publié lundi, au lendemain des élections, dans Página/12, le principal quotidien de centre-gauche du pays, référence au niveau du journalisme latino-américain et qui se situe résolument dans le camp de la présidente et du kirchnérisme. Nous traduisions ici la version intégrale de l’article. Adriana Meyer

lundi 26 octobre 2015

« Nous avons obtenu un résultat important, avec prés de 12% à Mendoza, à Córdoba et Jujuy, et bien que nous ayons fait moins qu’en 2013, il n’en reste pas moins que le score est bon pour un scrutin présidentiel, si on tient compte du rôle des appareils clientélistes et des partis bourgeois au cours de la campagne qui ont fait pression pour ‘le vote utile’ ». C’est la première analyse de Nicolás Del Caño, candidat à la présidentielle pour le Front de Gauche et des Travailleurs (FIT).

Il a souligné à nouveau le fait que face à un second tour, « nous allons appeler le monde du travail à n’appuyer aucun des deux candidats et nous appellerons à voter blanc [dans un pays où le vote est obligatoire]. Nous insistons sur le fait que voter blanc, ce n’est faire le jeu d’aucun des deux candidats. C’est la seule façon de s’exprimer pour celles et ceux qui ne se sentent pas représentés par des candidats qui défendent la rentabilité des patrons et qui s’apprêtent à faire payer l’austérité au monde du travail ».

La journée d’hier a été une journée d’attente exténuante. Aucun des dirigeants du FIT, pas même Jorge Altamira (du Parti Ouvrier), qui était présent dans le QG de campagne qui avait été monté dans l’hôtel autogéré Bauen, n’a voulu faire de commentaires avant la publication tardive des résultats [dont les premiers chiffres ont été communiqués sept heures après la fermeture des bureaux, soit bien après l’heure officiellement annoncée dans un premier temps]. Comme de coutume, Del Caño ainsi que les autres candidats du FIT sont montés sur la scène qui avait été dressée dans la rue de façon à saluer et féliciter les militants pour l’énorme effort fourni au cours de la campagne.

Pour Del Caño, « il faut penser aux résultats du FIT en fonction de ce qui s’annonce, à savoir d’un gouvernement de Scioli [le dauphin de la présidente sortante] ou de Macri [droite], avec la possible entrée de Néstor Pitrola (PO) au Congrès [ce qui a été confirmé par la suite au vu des résultats définitifs] et qui viendrait s’ajouter aux trois autres députés du FIT déjà en poste. Ce sera un point d’appui très fort pour les luttes qui viendront avec l’austérité que veulent imposée les deux candidats ».

Au sujet de la division des voix d’extrême gauche qu’a signifié la candidature de Luis Zamora [à Buenos Aires] et de sa liste Autodétermination et Liberté, le dirigeant du PTS et député de Mendoza a admis que c’est bien ce qui était arrivé. Et le résultat est que la Ville de Buenos Aires n’aura pas de représentant d’extrême gauche au Congrès alors que le FIT y a fait 6%. « Dans la province de Buenos Aires, a rajouté Del Caño, nous avons fait plus de 4%, ce qui est un bon résultat, et nous pourrions décrocher une place au Parlasur [le parlement du Mercosur] ». Le FIT pensait obtenir un siège de plus, notamment à Jujuy, ce qui n’a pas été possible.

Après la publication des premiers chiffres officiels, Christian Castillo, candidat à la députation, a souligné combien « avec la candidature très marquée à droite de Scioli ainsi que l’équipe gouvernementale qu’il s’apprêterait à mettre en place, il n’y a pas de quoi s’étonner que la ‘décennie réussie’ [ainsi appelée en raison de la croissance moyenne de 7% qu’a connue le pays entre 2004 et 2011] finisse par ce renforcement de Macri. Cela ne surprend pas non plus compte-tenu du fait que le candidat des pseudo-progressistes pour la province de Buenos Aires n’était autre qu’Aníbal Fernández ». Le dirigeant du PTS, également ex-député puisque son mandat vient d’arriver à son terme, a souligné que « dans le cadre d’un second tour avec des candidats clairement marqués à droite, le FIT en tant que quatrième force électorale du pays et avec davantage de députés au niveau national et dans les provinces va appeler à voter blanc pour combattre les deux candidats conservateurs qui expriment clairement des intérêts antipopulaires et anti-ouvriers »

De son côté, Pitrola a dit qu’il comptait utiliser le Congrès pour « y défendre le salaire, les pensions, les retraites [82% móvil] et les postes de travail, dans le cadre d’une Argentine qui sera marquée après le 10 décembre [après la prise de fonction du nouveau président] par la récession, les licenciements, la dévaluation et l’austérité. Le cabinet que mettrait en place Macri, pas plus que celui de Scioli, n’auront un plein contrôle de la situation, car les contradictions sont explosives et nous allons lutter pour que ce ne soit pas la classe ouvrière qui paie les pots-cassés ».

De son côté, Myriam Bregman, candidate à la vice-présidence pour le FIT, a souligné combien « l’extrême gauche était une force en croissance alors que le centre-gauche s’était désagrégé ».« Nous ne voterons ni pour la droite de Macri ni pour le candidat du conglomérat médatico-industriel Clarín [Scioli], a rajouté le candidat et dirigeant de Izquierda Socialista, Rubén « Pollo » Sobrero. Pour le second tour, nous appellerons à voter blanc parce que nous ne votons pas pour nos bourreaux. L’austérité à venir, nos députés vont l’affronter ».



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