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Politique

IMPUNITÉ BOURGEOISE

Une sénatrice LR prise en flagrant délit à la sortie d’un palace parisien

En plein cœur de l’affaire des dîners clandestins organisés au Palais Vivienne par Pierre-Jean Chalençon, une enquête de Mediapart a révélé ce vendredi que la sénatrice LR Joëlle Garriaud-Maylam avait participé à un « déjeuner d’affaires » dans le palace parisien du Meurice. Un événement de plus pour attester du fossé qui sépare les riches des pauvres depuis le début de la pandémie...

lundi 19 avril

Crédits photo : Mediapart

Ce mercredi 14 avril 2021, la sénatrice LR Joëlle Garriaud-Maylam a été interpellée par une journaliste de Mediapart à sa sortie du palace parisien du Meurice. Elle affirme s’y être rendue dans le cadre d’un déjeuner de travail et insiste sur le fait que celui-ci a eu lieu dans un salon et non pas dans l’un des restaurants du palace. Pourtant le Meurice indique que conformément aux annonces gouvernementales, aucun déjeuner n’est organisé dans ses salons tout comme dans ses restaurants, fermés à l’accueil de la clientèle.
La sénatrice ne tarde pas à se défendre en prétendant qu’elle n’avait pas connaissance de cette interdiction. Interdiction qui ne concerne apparemment que la population et pas les membres du gouvernement qui bénéficient eux d’un régime d’exception.

Alors que les restaurants français dont les portes sont fermées depuis plus d’un an peinent à entrevoir une date de réouverture et que certains se voient forcés de déposer le bilan, quelques prestigieux établissements continuent d’accueillir les élites qui peuvent profiter de dîners à des prix exorbitants (cf les dîners à 400€ du chef Christophe Leroy). Un véritable pied de nez qui est fait au reste de la population, coupée de toute vie sociale et qui s’expose à des amendes de 135€ en cas de manquement à la règle. Ces événements contrastent par ailleurs avec la détresse dans laquelle sont plongés de nombreux étudiants, contraints de compter sur les distributions alimentaires et sur les quelques initiatives de soutien venues des restaurateurs. Pendant que la précarité s’attaque à une partie croissante de la population, ceux qui sont au sommet se sortent indemnes de la crise et continuent à profiter de la vie « comme avant ».

« Vous ne savez pas ce que c’est nos journées de travail » ose ensuite ajouter la sénatrice LR. Ces propos sont une énième preuve de la déconnexion des plus privilégiés vis-à-vis de la réalité du quotidien de millions de travailleurs en temps de pandémie. En effet, la crise du Covid n’a cessé de mettre en lumière les risques auxquels sont exposés les travailleurs en première ligne, travailleurs qui pour la plupart ont uniquement bénéficié de quelques applaudissements et d’un « merci » de la part du gouvernement. Quant à tous ceux qui ont dû continuer à se rendre sur leur lieu de travail, il n’est parfois même plus question de partager la pause déjeuner avec un collègue. Pendant ce temps, les sénateurs et les membres du gouvernement peuvent eux continuer à se réunir autour de soi-disant déjeuners professionnels aux frais des contribuables.

L’enquête de Mediapart se termine sur une énième justification de la sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam qui se targue d’être des « plus respectueuses de la loi » tout en ne portant pas de masque. Ironique de constater que les sénateurs ne semblent donc pas être soumis aux mêmes lois que le reste de la population pour laquelle la répression policière n’a fait qu’augmenter depuis le début de la crise entre les amendes et l’intensification des contrôles de police. Climat qui continue d’être alimenté puisque Macron a promis ce dimanche de tenir son objectif de 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires déployés sur le territoire d’ici 2022.




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