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Politique

Pénurie de doses

« Vacciner, vacciner, vacciner », mais avec quelles doses ?

Dans son allocution, Macron a encore vanté les mérites de sa stratégie vaccinale, enjoignant les soignants à « vacciner sans répit ». Ces derniers ne demandent que ça, mais pointent toujours le manque de doses derrière la lenteur de la campagne de vaccination.

jeudi 1er avril

Crédits photo : Francois Laurens / Hans Lucas /AFP

Lundi, le nombre de malades du Covid en réanimation a dépassé celui atteint lors du pic de la deuxième vague, avec 4 974 personnes en soins intensifs en France. Nous n’avons pas encore atteint le pic de la première vague, lors de laquelle 7 000 malades avaient été accueillis en réanimation, mais cela ne saurait tarder, selon Olivier Véran.

Le pic de la vague actuelle devrait être atteint fin-avril, selon le ministre. À raison de 50 à 100 admissions par jour de patients atteints du Covid en réanimation, ces derniers pourraient occuper « 10.000 lits de réanimation, peut-être un peu moins, peut-être un peu plus » d’ici la fin du mois. Soit potentiellement plusieurs milliers d’admissions en soins intensifs de plus que lors de la première vague, lorsque le gouvernement pouvait plaider le manque de connaissances et la surprise face au caractère inédit de la pandémie.

Pas de quoi être fier, et pourtant, Emmanuel Macron semble l’être. Lors de son allocution, il a annoncé l’ouverture prochaine de la vaccination aux plus de 60 ans (le 16 avril) et aux plus de 50 ans (le 15 mai). Il annonce aussi le décuplement des capacités de vaccination, grâce à la mise en place de vaccinodromes, et à la mobilisation de plus de professionnels de santé pour vacciner.

De plus en plus de personnes pour administrer des vaccins, et de plus en plus de candidats à la vaccination, très bien, mais avec quelles doses ? Car contrairement à ce que laisse entendre Macron, la campagne de vaccination est loin d’être optimale. L’exécutif affirme vouloir protéger les plus fragiles en priorité, mais c’est pour mieux masquer la réalité du manque de doses pour vacciner massivement la population. « Le déploiement de ces vaccins [en Europe] est d’une lenteur inacceptable. » a ainsi déclaré Hans Kluge, directeur de l’OMS Europe.

Partout, sur les réseaux sociaux, les soignants dénoncent la supercherie : ils aimeraient pouvoir vacciner plus de gens, mais ne reçoivent pas assez de doses. À ce jour, seuls 2 millions de Français ont reçu deux doses de vaccin.

Le problème ce n’est décidément pas les capacités de vaccination, mais la gestion capitaliste de la crise sanitaire, qui produit ce planning erratique de vaccination et cette pénurie de doses. La production des vaccins ne peut pas être optimale, car elle obéit à des intérêts privés et à des logiques de marché. Le pic de la vague en cours risque d’être encore plus dévastateur que celui de début 2020, et ce sont les travailleurs en première ligne et les plus fragiles qui en seront les premières victimes.

Pour pouvoir vacciner toutes celles et ceux qui en font la demande, et pour mettre un véritable coup d’arrêt à la pandémie, il faut produire des vaccins partout où cela est possible. La levée des brevets sur ces derniers est donc une première mesure d’urgence nécessaire à la lutte contre le virus. Mais la mise en commun des savoirs sur les vaccins va à l’encontre des intérêts capitalistes ; c’est une mesure qui doit être arrachée par la lutte, pour que les travailleurs du secteur pharmaceutique contrôlent leur outil de travail.




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