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Crise sanitaire

Vaccins, variants, couvre-feu : de l’échec de la stratégie du gouvernement à un 3ème confinement ?

Lenteur de la campagne de vaccination, variants plus contagieux, explosion du nombre de contamination, l'expert vaccin de la Haute Autorité de la Santé explique qu'un reconfinement est inévitable. Pourtant Olivier Véran continue de préconiser « la patience », alors que 656 personnes sont mortes ces dernières 24 heures.

mercredi 20 janvier

Le ministre de la Santé Olivier Véran sur France Inter le mardi 19 janvier 2021.

Olivier Véran, était l’invité de France Inter mardi matin dans le cadre de l’ouverture à la vaccination des personnes de plus de 75 ans. Interrogé d’abord sur l’avancée du couvre-feu à 18h, le ministre de la Santé a avancé que le nombre des nouvelles contaminations quotidiennes a diminué de 16%. Mais cela ne concerne en réalité que les 15 départements ayant mis en place cette mesure dès le 2 janvier. La généralisation de cette mesure au niveau national a engendré une concentration importante de la population sur les routes, dans les transports en commun et dans les grandes surfaces. Ainsi, en région parisienne, certaines lignes de métro se sont retrouvées saturées avec des quais bondés pendant que dans les commerces, les afflux de clients ont provoqué des queues interminables où la distanciation sociale ne pouvait être mise en place. Cet effet de l’avancée du confinement laisse donc à douter sur sa capacité à faire reculer l’épidémie.

Au sujet du vaccin, Olivier Véran a affirmé qu’il n’y avait pas de stocks cachés, que le nombre précis de doses dont chaque centre de vaccination dispose chaque semaine sera publié sur santé.fr et que chaque personne n’arrivant pas à trouver de créneau disponible sera rappelée avant la fin de semaine. Des mesure bien en deçà de la situation alors qu’à Boulogne-Billancourt ce lundi, seulement 18 personnes ont été vaccinées sur les quelque 9000 personnes concernées dans cette ville de 121 000 habitants, une situation qui s’est produite dans de nombreuses régions de France. A ce rythme, il est difficile d’imaginer que d’ici la fin du mois de février, 2,4 millions de personnes seront vaccinées comme l’assure Véran. Car ce qu’illustre la lenteur de la stratégie vaccinale du gouvernement, c’est son incapacité à répondre à la crise sanitaire et des années de casse répétée à l’hôpital, dans les EHPAD où les suppressions d’emploi, les coupures de budget, l’absence de recrutement significatif et les fermetures de lits continuent.

Alors qu’1,4 % des diagnostics positifs par PCR viennent de variants plus contagieux ce qui représente sur une moyenne de 20 000 cas par jour entre 200 et 300 nouveaux cas selon Véran et que des infectiologues ainsi que l’expert vaccins de la Hauté autorité de santé Jean-Daniel Lelièvre affirment que la France ne pourrait pas éviter un nouveau confinement, il apparaît comme évident que la vaccination sera une arme décisive pour en finir avec le Covid-19. Sans elle, le nombre de décès serait bien plus important, car il faut que plus de 60 % de la population contracte la maladie pour obtenir l’immunité collective. Mais pendant que sur le plateau de France Inter, Olivier Véran préconise la « patience » en attendant que « l’effet couvre-feu » se fasse sentir, le nombre de réanimations retrouve son niveau de mi-décembre, et les catastrophes sociales se multiplient à l’image du plan de licenciement de 1700 emplois à Sanofi, entreprise pharmaceutique dont l’une des branches est spécialisée dans la vaccination, qui parallèlement continue de verser des millions d’euros de dividendes en pleine pénurie de vaccins. 

Pour couronner le tout, le ministre a réaffirmé une fois de plus la volonté du gouvernement de ne pas élargir les minimas sociaux aux moins de 25 ans dans le contexte actuel et son soutien au plan Castex « 1 jeune 1 solution » qui vise à précariser encore davantage les jeunes car il s’appuie sur l’augmentation des services civiques et des emplois précaires tout en permettant aux entreprises de toucher de l’argent.

Face à ce gouvernement adepte des confinements, des couvre feux inefficaces et champion de la lenteur sur la vaccination, il est urgent d’agir collectivement et de prendre nos affaires en main pour sortir de la crise sanitaire et sociale. Seule une riposte coordonnée de notre classe pourra permettre d’imposer des moyens pour l’hôpital, la réquisition sous contrôle des travailleurs des laboratoires pharmaceutiques, l’expropriation de leurs actionnaires et la mise à disposition gratuite des vaccins dans tous les pays. Pour cela, il est nécessaire de construire la mobilisation à partir des dates proposées telles que celle du 21 janvier dans le secteur de la santé et du social mais également le 23 janvier contre les licenciements et les suppressions d’emploi.




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