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Politique

Marie-Hélène du NPA Rouen

Vidéo. Lubrizol : "Il y a des risques de cancers. Ni la Préfecture ni les ministres n’ont dit la vérité"

La colère de Marie-Hélène Duverger, militante au NPA et syndicaliste Sud Educ : "Pour l'instant, ni la Préfecture ni tous les ministres qui se sont succédé à Rouen, que ce soit Castaner, Buzyn ou Blanquer, n'ont dit la vérité et on a une forte inquiétude aujourd'hui. Ces gens-là ont protégé de manière éhontée Lubrizol, qui est une entreprise qui a déjà pollué en 2013. (...) C'est une grande multinationale de la chimie possédée par un des plus gros milliardaires de la planète, Warren Buffet".

dimanche 29 septembre

« L’usine Lubrizol située à Rouen a connu un très grave incendie dans la nuit de mercredi à jeudi. C’est un incendie d’une très grande ampleur dont on a du mal encore à mesurer les conséquences. Ce dont on est sûr c’est que c’est une usine qui était classée Seveso, donc avec des produits toxiques extrêmement dangereux. On a un nuage de fumée lié à l’ incendie qui s’est propagé sur plusieurs dizaines de kilomètres dans l’agglomération rouennaise mais bien au-delà puisqu’aujourd’hui on sait que sur 120 communes, les produits laitiers issus des productions agricoles d’une manière générale ne peuvent plus être consommés. Ca donne une petite idée quand même de l’ampleur que les autorités pour l’instant ont refusé de donner... des résultats fiables sur les analyses des rejets de ces fumées. »

« Ce dont on est sûr c’est que c’est au moins des produits avec une grosse concentration d’hydrocarbures, donc avec des risques cancérigènes avérés. On le sait maintenant, c’est des risques de cancers dans les 15 à 20 ans qui viennent. On sait aussi que le bâtiment qui a brûlé avait une toiture en fibrociment donc avec de l’amiante, donc ce sont des particules, des fibres d’amiante qui se sont répandues dans l’atmosphère. On sait que les pompiers qui ont été les premiers à intervenir pour éteindre l’incendie, ont été fortement impactés par ces conséquences-là. C’est-à-dire des nausées, des vomissements. Ils ont inhalé probablement beaucoup de choses dont on a du mal encore je crois aujourd’hui à savoir la teneur exacte. Nous ce qu’on réclame c’est la transparence. »

« Ces gens-là ont protégé de manière éhontée Lubrizol, qui a déjà pollué en 2013 » 

« Pour l’instant ni la préfecture ni tous les ministres qui se sont succédé à Rouen, que ce soit Castaner, Buzyn ou Blanquer, n’ont dit la vérité et on a une forte inquiétude aujourd’hui. Ces gens-là, on le sait, ont protégé de manière assez éhontée Lubrizol qui est une entreprise qui a déjà pollué en 2013 en répandant un gaz qui s’appelle le Mercaptan qui avait empuanti toute la ville mais bien au-delà jusqu’à l’Angleterre. Pour avoir empuanti et répandu ce gaz toxique, ils ont été condamnés uniquement à 4000€ d’amende. Lubrizol c’est une grande multinationale de la chimie, c’est possédé par un des plus gros milliardaires de la planète, Warren Buffet. Mais quel que soit le propriétaire, on sait qu’aujourd’hui la question des normes dans la production chimique est extrêmement délicate puisque pour profiter au maximum on sait que ces industriels aujourd’hui ne respectent pas les moindres normes environnementales et normes de travail. »

« Ca doit être le début d’une réaction populaire et collective pour demander des comptes à l’Etat, demander des comptes à Lubrizol »

« Aujourd’hui ce qu’on défend c’est l’organisation des riverains, des habitants mais aussi des salariés. Il n’y a aucune raison que ce soit les salariés de Lubrizol qui payent cette catastrophe. Ce ne sont pas les responsables, c’est leur patron. Pour les riverains, les habitants on a été livrés à nous-mêmes, c’est-à-dire des consignes qui était absolument pas claires, contradictoires... les gens sont très inquiets, ils ont raison.

Il y a déjà eu un rassemblement vendredi devant la préfecture, il y en a un autre demain [lundi], et surtout il y a l’intersyndicale et un certain nombre d’associations environnementales qui appellent à se réunir et à se rassembler mardi 1er octobre à 18 heures devant le Palais de justice, pour aller en manifestation jusqu’à la préfecture. Pour nous ça doit être le début d’une réaction populaire et collective pour demander des comptes à l’Etat, demander des comptes à Lubrizol et bien sûr exiger la transparence, mais aussi affirmer que c’est au patron de payer. C’est à Lubrizol de payer toutes les expertises qui devront avoir lieu, tout ce qui a été nécessaire pour nettoyer. Ce serait normalement à Lubrizol de payer toutes les enquêtes épidémiologiques, toxicologiques et tout le suivi médical des populations touchées. Voilà les axes avec lesquels on va intervenir dans cette mobilisation. »

A Paris, un rassemblement est également appelé mardi à 18h, devant la tour Pacifique, à la Défense.




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