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MEXIQUE

Violente répression contre les étudiants d’Ayotzinapa

Dans l’après-midi de mercredi, des dizaines d’étudiants de l’Ecole Normale Rurale « Isidro Burgos » d’Ayotzinapa ont été, à nouveau, victimes de la répression d’Etat. A presque 14 mois du massacre d’Iguala et de la disparition des 43 étudiants d’Ayotzinapa, le gouvernement et son régime avancent dans une ligne répressive. Alexandra Dupont

vendredi 13 novembre 2015

Mercredi dernier, les étudiants de l’École Normale Rurale, circulaient sur la route qui relie Chilpancingo à Tixtla à bord de dix cars réquisitionnés pour l’occasion. Ils avaient également réquisitionné un camion qui transportait du carburant pour alimenter en essence ces cars.

Vers 17h00, les forces de répression de l’État, composées d’au moins 500 policiers, se sont violemment attaquées au convoi des étudiants, laissant un bilan de 13 arrestations et 20 blessés. Huit d’entre eux ont dû être hospitalisés, dont un étudiant présentant des fractures multiples aux bras, et un autre, Juan Castro Rodríguez, un traumatisme crânien de premier dégré, avec un pronostic vital engagé.
Les soutiens des normaliens dénoncent le manque délibéré d’assistance médicale aux blessées à l’hôpital public de Tixtla.

Des survivants du massacre d’Iguala se trouvent entre les victimes

Parmi les victimes de la répression, on décompte des étudiants ayant survécu à la nuit noire de Iguala du 26 septembre 2014, qui a coûté la vie à quatre étudiants et en a fait disparaitre 43. Cet horrible crime a mis en évidence la dégradation du régime politique mexicain, étant donnée la complicité de membres de l’armée et des différents corps de police (municipale, fédérale et de l’Etat). Dans son rapport rendu public le 6 septembre dernier, la Commission Inter - américaine des Droits de l’Homme (CIDH) assure n’avoir trouvé aucune preuve scientifique que les 43 élèves instituteurs enlevés l’an dernier ont été incinérés dans une décharge, contredisant ainsi la version officielle du gouvernement mexicain, émaillée d’incohérences. Ceci a mis en évidence la manipulation des informations et la complicité des institutions judiciaires pour étouffer l’affaire.

Répression d’État pour appliquer les plans de l’impérialisme

Cette répression a lieu dans le cadre d’un approfondissement de l’offensive gouvernementale contre les étudiants, les travailleurs et la population en générale, comme en témoignent les récentes incarcérations d’instituteurs en lutte contre la réforme du code du travail, de la Coordination Nationale de Travailleurs de l’Education (CNTE) à Oaxaca.

L’augmentation de la répression ainsi que la criminalisation des luttes ont pour but de discipliner la contestation en isolant les secteurs les plus combatifs, dans un cadre de recul des mobilisations. Le puissant mouvement qui dénonçai,t l’année dernière, la responsabilité du régime dans le massacre d’Ayotzinapa, avait ouvert une profonde crise politique. Il avait dévoilé le caractère assassin du régime de l’alternance PRI-PAN-PRD, soumis à la pression impérialiste et rongé par ses liens avec le crime organisé et les expressions les plus cruelles des affaires de ces secteurs de la bourgeoisie maffieuse, telles que les réseaux de traite et les féminicides.

La mise en place du Pacte pour le Mexique n’a fait qu’approfondir les traits les plus autoritaires du régime. Ce pacte, signé en 2012 par les principaux partis du patronat mexicain, PRI, PAN et PRD, assure, entre autres, la privatisation de l’éducation, le dépouillement des ressources naturelles, ainsi qu’une augmentation de l’exploitation au service des intérêts impérialistes. Cela ne peut s’appliquer qu’avec plus de répression et de militarisation contre ceux qui luttent. La guerre civile de basse intensité contre la population, au nom de la lutte contre le trafic de drogue, commencé en 2006, continue.




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