^

Notre classe

27 jours de grève de 59 minutes au Bourget

Les cheminots du Bourget en grève illimitée par période de 59 minutes

Après trois mouvements de grève carrée depuis janvier, les cheminots agents circulation au triage du Bourget sont en grève illimitée par période de 59 minutes par service, depuis le 2 mai. La direction propose un rendez-vous jeudi prochain.

Les cheminots, qui avaient déjà mis en place la modalité de « grève surprise » réinventent aujourd’hui la grève avec des nouvelles modalités, et sont déterminés à aller jusqu’au bout.

Une grève qui démontre créativité et détermination sans faille

Les cheminots du triage du Bourget sont en lutte depuis janvier pour des revendications plus que légitimes. La direction avait d’abord accepté de répondre favorablement à deux revendications importantes, concernant la requalification d’un poste et la non-suppression d’un autre poste. Ces premières avancées étaient le fruit du succès des premières grèves, qui ont été massives avec un taux de plus de 90% de grévistes sur l’ensemble de l’unité opérationnelle du Bourget. Mais la direction a refusé de répondre favorablement à une revendication centrale, celle d’avoir l’équivalent d’un panier repas par mois et par agent. Tout à fait légitimement, les cheminots réunis massivement en assemblée générale ont donc décidé de continuer la lutte et de ne pas baisser les bras.

Plus de 600 heures de retard et de nombreux trains supprimés 

Pour éviter que la direction ne s’organise suffisamment pour pallier les effets de la grève, les cheminots ont décidé de réinventer les modalités de la lutte, et ont commencé, depuis le 2 mai dernier, une grève illimitée par période de 59 minutes par service. Après un mois de grève, avec plus de 600 heures de retard, de nombreux trains supprimés, l’impact est bien réel. Les collègues des autres sites, d’autres agents circulation mais aussi des cheminots d’autres corps de métier, commencent à vouloir se renseigner sur la grève, sur les revendications et sur les modalités, se demandant s’ils pourraient se joindre au mouvement. En effet, la possibilité que cette grève s’étende au-delà du triage du Bourget serait un véritable cauchemar pour la direction qui, depuis des années maintenant, met en place une politique qui cherche à diviser les cheminots de différents métiers et établissements, avec un objectif clair : créer les conditions pour mettre en place les réformes prévues.

Une direction qui cherche à ignorer les revendications mais qui se retrouve en difficulté

La direction joue la politique de l’épuisement depuis la dernière grève carrée au mois d’avril. Après des négociations qui n’ont pas abouti, notamment car la direction a refusé de répondre favorablement aux revendications légitimes des cheminots, elle avait décidé de rompre le dialogue et d’arrêter toutes les négociations. Elle a ensuite cherché à pallier les conséquences de la grève, en faisant remplacer quelques grévistes par les cadres dirigeants, en jouant souvent très dangereusement avec la sécurité des circulations, des cheminots et de la population. Il n’y a pas besoin d’avoir un BAC+7 en sécurité ferroviaire pour se rendre compte qu’un accident ferroviaire dans un triage où circulent des trains avec des marchandises dangereuses serait une véritable catastrophe. La direction, au lieu de s’asseoir autour d’une table et discuter des problématiques légitimes des cheminots, préfère jouer avec la sécurité.

Aujourd’hui, la direction doit faire face à la réalité. La détermination des cheminots du Bourget ne faiblit pas et l’impact de la grève commence à jouer son rôle. La direction a donc convoqué une réunion de négociation pour jeudi prochain. Pour l’instant, rien n’indique que la direction veuille réellement trouver une solution en répondant favorablement aux revendications, mais les cheminots sont conscients qu’il va falloir se battre jusqu’au bout et sont prêts à continuer la grève, tout en construisant la solidarité, les liens avec d’autres secteurs qui les soutiennent, ainsi que le soutien financier pour qu’aucun collègue ne se voit obligé d’arrêter pour des raisons financières.

Une grève qui doit gagner ! Solidarité avec les cheminots du Bourget en lutte !

Malgré le mépris affiché de la direction, cette grève, qui a déjà inspiré d’autres mouvements comme celui des cheminots de Trappes, a démontré une nouvelle fois la détermination et la conviction des cheminots. Elle a aussi démontré qu’avec de la créativité et une organisation, il est possible de contourner les plans de la direction et faire en sorte que la grève, outil des travailleurs par excellence pour faire valoir leurs droits et leurs revendications, marche et soit efficace. Alors, si cette grève gagne, elle renforcera non seulement les cheminots du Bourget qui se battent depuis plusieurs mois pour des revendications tout à fait légitimes, mais elle renforcera également l’ensemble de cheminots en faisant la démonstration qu’il est possible de relever la tête, de se battre et de gagner face au patron. On devrait tous et toutes soutenir les cheminots du Bourget.

Ce serait très important dans un contexte où le nouveau gouvernement Macron est en train d’organiser une casse orchestrée du Code du travail, dont les cheminots seront l’une des cibles avec les réformes concernant les régimes spéciaux de retraites.




Mots-clés

SUD-Rail   /    Cheminot-e-s   /    Grève   /    SNCF   /    Notre classe