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Politique

Déconfinement

135 euros pour non-port de masques : le gouvernement promet un déconfinement répressif

Alors que le déconfinement du 11 mai prochain s’annonce catastrophique, si ce n’est impossible à tenir, dans les transports, le gouvernement maintient une ligne répressive en promettant des amendes en cas de l’absence de masques qui ne sont toujours pas distribués gratuitement.

lundi 4 mai

Crédit photo : GEOFFROY VAN DER HASSELT/AFP

Verbaliser, verbaliser et encore verbaliser. C’est ce que nous risquons encore dès le 11 mai si nous prenons les transports sans masque. Ce gouvernement ne jure que par la répression pour appliquer ses décisions. Des décisions toutes prises d’en haut, sans consultation avec les collectivités, la société civile mais surtout les travailleurs du transport qui ont pourtant démontré au long de la crise qu’ils étaient les mieux à même de définir et d’imposer les mesures d’hygiène nécessaires.

Le Covid-19 aura donc été contre toute attente une occasion supplémentaire pour les plus cupides de faire du profit. Les prix des masques allant de 3-4 euros jusqu’à 15 euros, les pharmacies ainsi que la grande distribution se frottent les mains face aux ventes prévisionnelles de ce nouvel équipement. Un équipement qui était il y a peu inutile… mais qui est devenu par la suite indispensable et qui finira par être obligatoire sous peine de prendre une amende de 135 euros.

Les précaires seront comme toujours les grands perdants de ce mercantilisme à outrance car il ne fait aucun doute qu’acheter un masque à chaque déplacement ne sera pas à la portée de tous. Alors pourquoi le rendre payant là où d’autres pays comme l’Allemagne, l’Italie ou le Maroc les distribuent gratuitement ? La gestion calamiteuse de cette crise sanitaire par le gouvernement ne semble pas s’arrêter au nombre de morts et de contaminés et on le voit encore dans cette séquence malheureuse où les plus pauvres de notre pays sont encore les victimes d’un système économique qui fait la part belle au profit. Une amende de 135 euros pour non-port de masque ou comment assigner à résidence bon nombre de personnes, car 5 euros le masque pour des familles qui n’ont déjà plus d’argent pour se nourrir, cela n’est rien d’autre qu’une mise à mort sociale.

Comme d’habitude, le revers de cette gestion calamiteuse réside dans la répression qui va se déployer pour tenter d’imposer le port d’un masque dont on nous affirmait il y a quelques semaines encore qu’il ne servait à rien. Pour imposer le port du masque et la relance des transports, Valérie Pécresse et les directions des entreprises de transports entendent en effet mobiliser les forces de répression, non seulement pour les amendes mais aussi pour gérer l’afflux de voyageurs. On peut d’ores et déjà imaginer comment cette gestion policière du chaos qui s’annonce dans les transports risque à nouveau de retomber sur les plus précaires.

Le monde d’après promis par Emmanuel Macron ressemble furieusement au monde d’avant et la récession qui pointe le bout de son nez fait craindre le pire pour les travailleurs, les classes laborieuses dont on dresse aujourd’hui les louanges mais à qui l’on voudrait faire porter le poids d’une crise économique à venir dont ils ne sont pas responsables. Un scandale que les salariés des transports publics devraient activement dénoncer, et face auquel la lutte pour imposer des mesures sanitaires à la hauteur et contre la gestion répressive de la crise apparaît plus urgente que jamais.




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