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17 février : l’appel des grévistes de la RATP à une « journée noire » s’étend et se nationalise

Lundi 17 février, pour le 1er passage du projet de réforme des retraites à l’Assemblée Nationale, la majorité des syndicats à la RATP appellent à une « journée noire ». Une façon pour les grévistes de la RATP de démontrer que leur détermination face au projet du gouvernement est toujours intacte, le jour même de la présentation du projet de loi à l’Assemblée. Un appel désormais rejoint par un certain nombre de secteurs à la SNCF et ailleurs.

samedi 15 février

crédit photo : O Phil des Contrastes

Alors qu’il restait jusque-là circonscrit à la RATP, c’est la fédération FO Cheminots, 5ème syndicat à la SNCF, qui a rejoint lundi l’appel à faire du 17 février « une journée morte dans les transports ». Un élargissement qui prend le contrepied de l’intersyndicale, puisque celle-ci refuse de s’y joindre lui préférant une date du 20 février sortie du chapeau.

Pourtant, préalablement à l’annonce du 20, à la RATP, la majorité des organisations syndicales à l’instar de l’UNSA, Solidaires, Sud, et FO, ont signé un appel commun à faire grève le 17, avant de se joindre à la date du 20 février une fois appelée par l’intersyndicale. Autant de signes que, à la base, la détermination à se battre contre la réforme des retraites reste bien présente. Pourtant, dans le même temps, la direction de la CGT et de la CGT-RATP affirmait que la « date symbolique dans l’agenda parlementaire [en référence au passage du projet de réforme à l’Assemblée Nationale], n’est pas propice à l’élargissement des luttes et des grèves dans les autres secteurs du pays ». Et c’est contre l’avis de leur direction que certaines sections de la CGT-RAT se sont ralliés à l’appel, comme sur les lignes de métro 7 et 7bis, au centre de Maintenance du Réseau Ferré (MRF) de Saint-Ouen, ou encore au centre bus de Pleyel où la CGT, l’UNSA et Solidaires appellent aux deux dates de mobilisation.

En ce sens, le ralliement à l’appel à la grève du 17 février par FO Cheminots indique une volonté de la base de ne pas en rester là, y compris à la SNCF, malgré le poids sur les finances de deux mois de grève pour les salariés de ces secteurs. Cela s’exprime encore dans l’appel de l’intersyndicale des cheminots de la région de Tours (CGT, UNSA, SUD Rail, FO) qui appellent à monter sur Paris le 17 pour soutenir les agents RATP en grève. Toutefois pour les grévistes de la SNCF et de la RATP qui ont fait les frais de la stratégie de l’isolement mise en place par le gouvernement, cette détermination exige d’aller de pair avec un plan de bataille en mesure d’entraîner en grève reconductible l’ensemble du monde du travail, en particulier les secteurs stratégiques, tels que l’énergie, les ports et docks, ou les raffineries, pour faire plier le gouvernement.

Dans certains secteurs du privé, l’appel à une journée morte dans les transports n’a ainsi pas manqué d’apparaître comme un point d’appui pour marquer la volonté de construire la convergence public-privé. C’est ainsi que l’intersyndicale (CGT, FO, SUD, CFE-CGC) de la Caisse d’Assurance Retraite et de la Santé au Travail (CARSAT) de Loire-Atlantique appelle à une journée « CARSAT morte – sécu morte », tandis que la CGT Commerce et Services et la fédération SUD PTT appellent les salariés à se mettre en grève et à participer aux actions les 17 et 20 février.

Si la dispersion des dates et l’absence d’un véritable plan de bataille ont jusque-là empêché le monde du travail de se hisser à la hauteur des enjeux pour faire plier Macron et sa réforme des retraites, les signes de ralliement à l’appel du 17 février montrent la volonté de construire l’unité à la base dans un nombre important de secteurs, pour une grève reconductible interprofessionnelle, « tous ensemble » contre la réforme des retraites, au moment où le gouvernement reste empêtré dans une crise politique qui n’en finit pas.




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