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1er mai bordelais : récit d’une journée de mobilisation mouvementée et réprimée

A Bordeaux, c’est un cortège massif qui s’est élancé dans les rues pour la journée internationale des travailleurs.

jeudi 2 mai

A Bordeaux, c’est un cortège massif qui s’est élancé dans les rues pour la journée internationale des travailleurs. Si selon la préfecture il y a eu jusqu’à 6 500 manifestants, les syndicats et manifestants ont compté plus de 10 000 personnes.

En cette journée les syndicats et organisations politiques font leur traditionnelle marche accompagné cette fois ci des Gilets jaunes.

Le rassemblement commence à partir de 10h du matin sur la Place de la République, il faut attendre une quarantaine de minutes pour que les centrales syndicales se mettent en branle, direction Gambetta. La préfecture et les syndicats ne se sont pas mis d’accord sur un parcours autorisé. Cela n’empêche pas à un beau cortège de circuler jusqu’à la place Gambetta.

Sur le trajet des petits groupes de diverses mouvances militantes rentrent dans le cortège. Un groupe portant des drapeau du planning familiale composé exclusivement de femme prend la tête du cortège, c’est le collectif 8 mars, accompagnées d’une belle batucada. L’arrivée à Gambetta se fait dans une bonne ambiance.

A 11h30 le cortège tente de passer devant la poste centrale mais sera dévié une première fois par les gendarmes jusqu’à la Place de la République. Au niveau du cours Pasteur la manifestation se scinde en deux cortèges, les camions syndicaux se dirigent vers la place de la Victoire, fin du parcours pour eux. Le reste des manifestants, notamment les Gilets jaunes, mais pas seulement, partent quant à eux en direction de la porte de Bourgogne.

C’est à ce moment que la manifestation prend une autre tournure. En effet cela fait déjà plusieurs fois que les manifestants cherchent a rentrer dans le triangle d’or, centre ville de Bordeaux, tentative jusqu’alors repoussé systématiquement par les forces de l’ordre.

Il faut attendre 12h30 pour qu’un groupe d’un milliers de personnes se retrouve sur la place de la Victoire, puis pare en direction de la rue St Genès, pour ensuite tourner vers les boulevards bordelais. Pendant ce temps, la CGT organise un concert repas devant la Bourse du Travail.

Les manifestants prennent quant à eux la direction du Stade Chaban Delmas, où ils seront bloqués par un autre dispositif policier impressionnant (une compagnie et demi de gendarmes mobiles, deux compagnies de CSI, un escadron de voltigeur et un groupe d’une trentaine de personnes de la BAC).

Il est 14h passé et la manifestation est stoppée. Une nasse se forme très rapidement. Sans échappatoire, les manifestants cachent leur équipements de protections sous les voitures et c’est devant la caserne Xaintrailles que les forces de l’ordre laissent progressivement sortir sous réserve de fouille.

Cependant, ce déploiement policier n’entame pas la déterminations des militants et à peine sortis de la nasse, les manifestants rejoignent petit à petit un début de cortège rue St Catherine en direction de la Victoire. La police décide à nouveau de déployer l’artillerie lourde (canon à eau, multiple compagnie de gendarmes mobiles et de CSI, ainsi que beaucoup de personnel de la BAC). Ceci pousse les manifestants dans les petites rues vers le quartiers St Michel.

Dans un quartier populaire, les policiers commencent à faire preuve de plus de zèle et les tirs de LBD se font de plus en plus présents alors que grenade GLI F4 font un retour fracassant à Bordeaux. Un street-médic sera blessés au dos rue des Faures où il semblerait que les policiers visent les personnes voulant aider le street médics à se mettre à couvert. A nouveau le cortège sera dispersé autour du marché des Capucins.

Cela n’empêche pas les militants de se rassembler à nouveau sur la place Camille Jullian. C’est ici que les forces de l’ordre veulent à nouveau stopper leur journée. Ils décident de bloquer tous les accès de la place. Nassant les manifestants, mais aussi les passants, les clients et les employés des restaurants. Les lacrymos et les grenades de désencerclement sont massivement utilisées. On apprend ainsi qu’une manifestante aurait reçu un éclat dans le haut du dos, tandis qu’une femme aurait été blessée au pied et à la jambe.

La journée se termine par une tentative de cortège en direction de la Place de la Bourse, mais c’est en ce début de soirée que la journée du 1er Mai peut être considérée comme terminée avec un dernier sitting place Pey Berlant.




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