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5 raisons de rejoindre les Gilets Jaunes quand on est étudiant

Jusqu’à présent, le mouvement étudiant a été l’un des grands absents de la mobilisation des Gilets Jaunes. Si on retrouve des lycéens et des étudiants dans les cortèges du samedi, beaucoup restent encore sceptiques. 5 raisons donc de rejoindre les Gilets Jaunes dès ce samedi pour l’acte 11.

vendredi 25 janvier

Première raison : la revendication principale des Gilets Jaunes est la lutte contre la vie chère

Or, les étudiants sont particulièrement concernés par le sujet. Plus d’un sur deux doit aujourd’hui travailler pour financer ses études, et ce sont bien souvent les boulots les plus précaires et les moins bien payés. Encore récemment, un jeune de 18 ans, Frank Page, qui travaillait comme coursier UBER Eats, est mort écrasé alors qu’il conduisait son vélo. Une situation symptomatique des difficultés de la jeunesse. Sans compter les galères d’appartement, les frigos vides, les problèmes pour payer ses frais d’inscription, etc., etc. Ça tombe bien : les gilets jaunes se sont prononcés depuis le début pour la hausse du SMIC et des salaires et l’indexation des salaires sur l’inflation. Exigeons également des bourses intégrales pour que tout le monde ait les moyens d’étudier.

Deuxième raison : le gouvernement a les étudiants dans le viseur

Dans le projet néolibéral de Macron, la casse de l’enseignement supérieur et de la recherche occupe une place particulière. Celui-ci a déjà commencé l’année dernière en instaurant la sélection à l’université, dont l’accès libre était un des acquis de Mai 68. En ce moment se discute dans le palais de l’Elysée la hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers hors Union Européenne, qui payeront désormais… 2700 euros pour une année de licence. Si nous devons refuser les divisions de statut entre étudiant étranger et français, cette mesure est aussi un cheval de Troie pour généraliser par la suite la hausse des frais d’inscription. D’ores et déjà, la cour des Comptes recommande de multiplier les frais d’inscription en licence par 3 ! Ce combat est aussi celui des Gilets Jaunes, dont les enfants ne pourront pas, pour une bonne partie d’entre eux, accéder à l’enseignement supérieur. Dans cette situation, nous devons demander une université gratuite pour toutes et tous.

Troisième raison : la casse de l’éducation est aussi celle des services publics

Depuis des années, on nous explique qu’il n’y a plus d’argent pour les universités. Si le budget de l’enseignement supérieur croît en valeur absolue, son augmentation est bien moins rapide que celle du nombre d’étudiants. Résultat, le budget alloué par étudiant a largement baissé depuis des années et cela se fait ressentir sur les conditions d’étude. C’est la même logique qui s’applique aujourd’hui à l’ensemble des services publics et contre laquelle se battent les Gilets Jaunes. L’argent existe : il faut aller chercher dans les poches des plus fortunés, en commençant par rétablir l’ISF !

Quatrième raison : tous solidaires face à la répression policière

Depuis plusieurs semaines, pour dissuader les Gilets Jaunes de manifester, le gouvernement a organisé une féroce répression du mouvement. Les recensements font état de plus d’une centaine de blessés graves au bas mot : mains arrachée, yeux crevés, crânes fracturés, etc. Une boucherie qui se prolonge sur le plan judiciaire avec des milliers d’interpellations et des centaines de condamnations… un record ! Les étudiants doivent exprimer leur solidarité face à la répression. C’est tout simplement le droit à se mobiliser qui est remis en cause par le gouvernement… et cela concerne aussi les étudiants. A l’université de Nanterre, deux étudiants, Victor et Micka, parce qu’ils se sont mobilisés contre la hausse des frais d’inscription, ont été interdits de campus pendant un mois et la direction veut même les exclure. Laisser faire c’est donner raison au gouvernement, c’est pourquoi entre Christophe Castaner et Christophe Dettinger : il faut choisir son camp !

Cinquième raison : combattre les réformes universitaires, c’est combattre le système dans son ensemble

La logique de réformes universitaires appliquées par les gouvernements successifs est claire. Le but c’est de faire rentrer les intérêts patronaux au sein de l’université. Les universités, asséchées financièrement, mises en compétition, doivent de plus en plus avoir recours à des moyens venus des grandes entreprises. Les patrons investissent eux de plus en plus les conseils universitaires, notamment sous l’étiquette obscure de « représentants extérieurs ». Avec cette position, ils cherchent à imposer des savoirs asservis au besoin du capitalisme et à faire disparaitre toute pensée critique. Face à cette situation, nous devons exprimer notre refus de la mise au service des facs pour les intérêts du patronat. CAC40 hors de nos facs ! Au contraire, construisons une université qui se mette au soutien et au service des Gilets Jaunes, et plus en général de la majorité de la population, et non pas au service de cette minorité qui accapare les richesses.

Ce ne sont donc pas les raisons qui manquent aux étudiants pour rejoindre les Gilets Jaunes en manifestation, sous la forme de cortèges étudiants comme cela se fait déjà dans plusieurs villes en France. Mais il faut chercher à convaincre sur nos universités de massifier le mouvement. Chaque année tombe une attaque d’ampleur contre l’université, aujourd’hui nous avons la possibilité de gagner sur nos revendications, pas sur des mesures isolées mais pour gagner des acquis profonds. Si une mobilisation se déclenchait sur les universités, cela pourrait constituer un pas en avant important dans la lutte contre le gouvernement. Le 5 février prochain, la CGT et Solidaires appellent à une journée de grève intersectorielle, et l’éducation est concernée ! Cela doit être un point d’appui pour construire une convergence qui n’est que trop limitée pour l’instant.




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