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Jeunesse

Des miettes, et encore...

70% des bourses maintenues : la nouvelle insulte du gouvernement aux jeunes diplômés

Elisabeth Borne a annoncé, sur France Bleu, la mise en place d’une nouvelle mesure dans le cadre du plan de relance pour les jeunes. Les nouveaux diplômés en recherche d’emploi pourront conserver 70% de leur bourse pendant 4 mois, soit une aide ridicule, en pleine explosion de la précarité dans la jeunesse.

samedi 6 février

Crédit photo : Europe 1

Ce vendredi matin sur France Bleu la ministre du travail a annoncé que les jeunes diplômés qui bénéficiaient la bourse sur critère sociaux l’année passée pourront toucher 70% du montant de leur bourse pendant les 4 mois suivant la validation de leur diplôme ainsi que 100€ pour ceux ne vivant plus dans le foyer familial. « Je voudrais dire à tous les jeunes diplômés qui sont en recherche d’emploi et qui étaient boursiers au titre de l’année universitaire 2019-2020 qu’ils ont droit à une aide de quatre mois », a ainsi expliqué la ministre. Cela concerne les étudiants ayant au minimum un bac+2 et ayant moins de 30 ans. La demande peut se faire dès maintenant et jusqu’à juin.

Cette annonce s’inscrit dans la lignée des mesures prises récemment par le gouvernement comme la mise en place des deux repas à 1€ dans les Crous, la garantie jeune ou encore le plan un jeune une solution. Or, ces mesures sont ridicules et ont rapidement montré leurs limites. En effet, par exemple les Crous n’étant pas tous ouverts à cause de la fermeture des campus universitaire, très peu d’étudiants ont pu bénéficier de ces repas. La plupart des jeunes sont obligés de continuer à faire la queue par centaine dans les banques alimentaire pour pouvoir subvenir à leur besoins. Quand aux plans d’aide pour l’emploi, ils constituent en fait seulement en des plateformes pour trouver des jobs ultra-précaires. En décembre, une aide de 150€, soit 12,50€ par mois, avait été alloué aux étudiants boursiers, également une somme largement insuffisante pour sortir de la précarité.

Avec cette mesure la Elisabeth Borne prétend répondre à un constat alarmant, 46% des diplômés bac +5 sont au chômage depuis le début de la pandémie, c’est 26% de plus qu’en 2018. Aussi le taux d’embauche en CDI a grandement diminué du fait de la crise, il est passé de 69% a 50%. Le diplôme a de moins en moins de valeur dans une situation de contraction du marché du travail et de crise économique sans précédent. Ceux qui en paient les conséquences, ce sont les étudiants, pour certains obligés de faire avec les contrats précaires et autres services civiques proposés par le gouvernement et se retrouvant, pour d’autres, au chômage. Comme depuis le début, avec cette allocation, le gouvernement ne répond pas du tout à la précarité étudiante mais insulte même les jeunes précaires.

De fait, ce sont des sommes dérisoires qui sont proposées, encore plus faibles que le RSA, en pleine explosion de la précarité. Il est clairement impossible de vivre avec si peu, surtout quand l’aide ne dure que quatre mois (plus 100 euros, attention, si l’étudiant n’a pas de logement). Du mépris encore du mépris de la part d’un gouvernement qui n’a que des miettes à offrir à la jeunesse, pendant que des milliard sont alloués au patronat.

Pour apporter une réponse durable à la précarité étudiante il faut revendiquer la mise en place d’un revenu étudiant à la hauteur du SMIC financé par un impôt sur les grandes fortunes. En effet, ce n’est pas à la jeunesse de payer la crise n’y de sacrifier ses études en ayant des contrats précaires pour pouvoir manger jusqu’à la fin du mois. Il est donc temps de porter nos revendications haut et fort.




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