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Acte 5 : Macron enfume, mais il recule. Amplifions la mobilisation pour obtenir encore plus !

Après l'acte 4 de la mobilisation des Gilets jaunes, le gouvernement qui se présentait il y a encore deux mois de cela comme un « bulldozer » inébranlable a pour la première fois reculé. Cependant, l'enfumage et les miettes accordées n'ont semble-t-il pas entaché la détermination des gilets jaunes qui ont appelé massivement à reprendre la rue ce samedi, et ce malgré les diverses manœuvres du gouvernement visant à minimiser l'ampleur de l'acte 5. Mais pour faire plier Macron et obtenir plus que des mesurettes, il y a nécessité à ce que la mobilisation s'étende et franchisse un cap en posant la question de la généralisation de la colère par la grève.

vendredi 14 décembre 2018

Dans la continuité de la stratégie de la peur et de la tension adoptée par le gouvernement pour minimiser l’ampleur de l’acte 4 de la mobilisation des Gilets jaunes, ce dernier a à nouveau tenté, toute cette semaine de mettre un coup d’arrêt au mouvement. Entre miettes accordées et enfumage pour tenter d’éteindre la colère, maintien du dispositif policier ultra répressif mis en place samedi dernier, avec un renforcement de ce dernier dans certaines villes de province, comme à Toulouse, ainsi qu’instrumentalisation de l’attentat de Strasbourg avec un chantage moral à l’arrêt de la mobilisation, le gouvernement a été à la manœuvre sur divers terrains.

Face à ce climat de pression, de peur que le gouvernement instille, il est nécessaire de répondre, tout comme samedi dernier, dans la rue, en amplifiant davantage la mobilisation et le rapport de force. Le mouvement des Gilets Jaunes, sa radicalité et sa détermination, a mis à nu les faiblesses du gouvernement de Macron. Ce premier recul du gouvernement, même s’il est très insuffisant et en décalage avec la colère et le malaise qui s’exprime, démontre que ce dernier, qui s’affichait il y a encore quelques mois de cela comme jupétérien n’est pas inébranlable et que c’est par la construction de mobilisations que l’on pourra le faire plier. Aujourd’hui, le gouvernement est plus affaibli que jamais, a beaucoup à perdre et de réelles brèches sont présentes pour enfoncer le clou, amplifier la mobilisation et obtenir davantage que ce premier recul et les miettes accordées, qui ne permettent pas d’apporter de réelles réponses aux problèmes des inégalités sociales, de l’injustice fiscale. Macron n’a pas lâché sur la revendication de la réinstauration de l’ISF, ni d’une fiscalité progressive qui taxe les grands patrons et multinationales ; ni de la vie chère et de la précarité : quid de la hausse significative des salaires et des allocations indexées sur l’inflation ?

En ce sens, il est nécessaire d’amplifier la mobilisation et descendre massivement dans les rues ce samedi 15 décembre. Mais, afin d’obtenir davantage que les mesurettes lâchées par Macron et de dégager ce gouvernement des riches, il y a nécessité à ce que le mouvement franchisse un cap, et pose la question des moyens et de la stratégie à mettre en œuvre pour défaire Macron. En effet, si le caractère spontané du mouvement des gilets jaunes en a fait une force, il est nécessaire que ce dernier s’organise davantage, s’élargisse à d’autres secteurs et développe une stratégie de lutte à même de faire basculer le rapport de force, celle de la grève et de sa généralisation sur les lieux de travail, seule à même de bloquer l’économie, d’obtenir des avancées significatives et de faire plier le gouvernement.

Ces derniers jours, les réflexions au sein des gilets jaunes sur la nécessité de bloquer l’économie et l’aspect stratégique de ceci ont été nombreuses. Ainsi, plusieurs actions visant à bloquer de grands centres économiques ou lieux industriels se sont multipliés : Louis Vuitton, Monsanto, Amazone, Airbus. Ces actions de blocages sont l’illustration d’une évolution du niveau de conscience des gilets jaunes qui s’aperçoivent des limites visant à s’attaquer seulement aux institutions et de la nécessité de bloquer l’économie. S’il est évident qu’il y a une absence de clarté dans la politique des directions syndicales, et en premier lieu de Philippe Martinez, ces actions devraient interpeller les travailleurs et les pousser à rentrer eux aussi dans la bataille et dans la grève. Ces blocages des gilets jaunes prendraient une toute autre ampleur si le mouvement ouvrier entrait en grève, en jonction avec les gilets jaunes, et permettrait de poser les bases pour faire plier Macron et son gouvernement.

Crédit photo : Abaca




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