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Algérie-Maroc. Non à la guerre, oui à la chute des deux régimes !

Les tensions entre l’Algérie et le Maroc font craindre de plus en plus une escalade guerrière. Le mouvement ouvrier et les classes populaires doivent s’opposer à cette perspective réactionnaire et aux bourgeoisies nationales.

vendredi 5 novembre

Pour faire face aux frictions qui ne cessent de se multiplier entre le régime algérien et la monarchie marocaine, les travailleurs et les classes populaires des deux pays doivent s’inscrire dans une voie indépendante des bourgeoisies nationales et pour leur dépassement. Ces dernières sont à bout de souffle, elles font face à des crises internes d’ordre politique, économique, social et sanitaire qui peuvent ébranler leurs intérêts et leurs politiques libérales et antipopulaires. Elles instrumentalisent les aspirations à la souveraineté nationale dans l’optique de consolider leurs unions nationales, de noyer le ras-le-bol des classes populaires de leurs situations sociales dans des conceptions chauvines, mais aussi pour accroître leurs influences respectives dans la région.

Cette concurrence s’explique en partie par le recul de l’hégémonie américaine qui peine à jouer le rôle du gendarme du monde et qui préfère recentrer ses forces sur la lutte anti chinoise, mais aussi par la secondarisation croissante de l’impérialisme français dans l’échelle des puissances internationales illustrée par l’interruption du contrat des sous-marins par l’Australie. La diminution des effectifs militaires français au Sahel et le retrait des troupes américaines de l’Afghanistan, ouvre un espace de concurrence entre les puissances régionales, notamment dans la sous-traitance de la lutte anti-terroriste. Pour se faire, chaque régime s’appuie sur des alliés, l’entité sioniste pour la monarchie marocaine et la Russie pour le régime algérien. La concurrence s’étend aussi à d’autres domaines comme l’attractivité des IDE, qui s’appuient essentiellement sur la baisse des salaires et la remise en cause des droits démocratiques et sociaux des travailleurs et des classes populaires, ce qui explique l’accroissement de l’omnipotence des deux régimes.

Le prolétariat des deux pays n’ont rien à gagner de ces escalades et de ce conflit. Ce sont eux qui vont constituer la chair à canon en cas d’accentuation de la crise. La voie qui permet de se politiser sur la question de la souveraineté nationale des deux peuples et du peuple sahraoui, c’est avant tout la solidarité régionale de tous les opprimés, l’auto-organisation pour le respect des droits et libertés démocratiques, la libération des détenus d’opinion, l’indépendance des syndicats ouvriers, l’élection d’une assemblée constituante souveraine dans chaque pays par les comités des travailleurs et des classes populaires pour satisfaire leurs aspirations démocratiques et sociales, dans une perspective résolument anti-impérialiste et anticapitaliste. En d’autres termes, s’inscrire à contre-courant des politiques libérales, autoritaires et pro impérialistes orchestrées par les deux régimes !

"Paix aux chaumières, guerre aux palais" dixit Alexander Büchner.




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