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Racisme décomplexé

Allemagne. L’AFD, parti d’extrême-droite allié du RN, appelle à expulser des millions de personnes

Selon le site d'investigation Correctiv, plusieurs responsables du parti d'extrême droite allemand AFD et des membres de la mouvance néonazie se sont retrouvés fin novembre pour évoquer une possible arrivée au pouvoir, avec le projet d'expulser plusieurs millions d'Allemands du territoire.

Jackson Leniwy

12 janvier

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Allemagne. L'AFD, parti d'extrême-droite allié du RN, appelle à expulser des millions de personnes

Crédit Photo : Flickr/@tobika

C’est une enquête qui fait froid dans le dos. Ce jeudi, le site d’investigation Correctiv a révélé qu’une réunion s’est déroulée le 25 novembre dernier entre une trentaine de responsables du parti d’extrême droite allemand, l’Alternative pour l’Allemagne (AFD), et des membres de la mouvance néonazie germanophone. Parmi eux notamment, Roland Hartwig, ancien député et proche conseiller d’Alice Weidel, présidente du parti. De nombreux donateurs du parti étaient également présents pour cette rencontre organisée à Potsdam, pour discuter notamment de la mise en place d’un projet de « remigration » en cas d’accession au pouvoir.

Concrètement, le projet immonde, initialement défendu par Martin Sellner, fondateur du Mouvement des Identitaires d’Autriche, consiste à expulser d’Allemagne plusieurs millions de personnes sur la base de leurs origines. Il prévoit des « lois sur mesure » dans le but de « mettre sous pression » les citoyens allemands « non assimilés », comme le rapporte Le Monde. Jusqu’à deux millions d’Allemands pourraient ainsi être expulsés vers l’Afrique du nord selon le projet exposé, qui prévoit également l’expulsion de tous ceux qui viendraient en aide aux réfugiés. Si officiellement, l’AFD nie soutenir tout projet de « remigration », ce dernier a été évoqué à plusieurs reprises par certains élus du parti. Le dernier exemple étant Irmhild Bossdorf, qui figure sur la liste du parti pour les prochaines élections européennes, et qui avait appelé de ses vœux une « remigration se chiffrant en millions [de personnes] » lors du dernier congrès tenu en juillet dernier, affirmant que les Allemands devraient s’alarmer du « changement démographique » plutôt que du « changement climatique ».

Alors que l’AFD réalise des scores supérieurs à 30% dans certains Länders allemands, voilà comment l’extrême droite se prépare à une possible accession au pouvoir dans les mois et les années qui viennent. Un sujet qui, loin de s’arrêter à la frontière, touche aussi l’Hexagone, où le Rassemblement National ne cesse de progresser à chaque échéance électorale ces dernières années. Or, le parti dirigé par Marine Le Pen compte l’AFD parmi ses principaux alliés, en particulier à quelques mois d’élections européennes lors desquelles le groupe Identité et démocratie, réunion de toutes les extrêmes droites du continent, espère encore réaliser de très gros scores.

En Allemagne, la presse bourgeoise et la classe politique allemande se sont empressées de faire mine d’être horrifiées par les révélations autour de l’AFD. « Nous voyons combien il est nécessaire que le BFV (les renseignements allemands, NDLR) observe très attentivement les contacts qui se nouent à l’extrême droite, comment les ennemis de la Constitution tissent des liens avec les représentants de l’AFD et quelles idées abjectes sont propagées », a lancé la ministre fédérale de l’intérieur Nancy Faeser au magazine Stern. C’est pourtant elle-même qui s’est efforcée de faire voter une loi accélérant la déportation des migrants. En octobre dernier, c’est même le chancelier allemand, Olaf Scholz, qui déclarait dans une interview au Spiegel- : « Nous devons enfin expulser à grande échelle ».

Autant de déclarations qui révèlent l’hypocrisie de la classe politique, qui prétend vouloir lutter contre l’extrême-droite tout en hésitant pas à mettre en œuvre ses idées. Alors qu’en Europe, des décennies de politiques austéritaires, antisociales et xénophobes ont permis à l’extrême-droite d’accéder au pouvoir en Hongrie, en Italie, en Suède et désormais aux Pays-Bas, elle se renforce en Allemagne comme en France, portées par l’adoption de politiques toujours plus à droite par les gouvernements. Face à cette sinistre perspective, lutter contre la montée de l’extrême-droite implique donc ainsi une lutte contre tout ceux qui en font le lit par leurs politiques austéritaires et antisociales.


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