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Après la manifestation contre l’islamophobie, l’extrême-droite s’attaque à Anasse Kazib

La vidéo d’une intervention d'Anasse Kazib lors de la manifestation contre l’islamophobie ce dimanche sert depuis quelques jours de prétexte à une vague d’attaques d’extrême-droite sur les réseaux sociaux et dans des journaux comme Valeurs Actuelles.

vendredi 15 novembre

C’est sur la base d’un extrait d’une vidéo de l’intervention de notre camarade cheminot, bien connu des lecteurs de Révolution Permanente, à l’issue de la manifestation contre l’islamophobie, que l’extrême-droite mène depuis plusieurs jours une vague d’attaques contre Anasse Kazib.

Un extrait vidéo montée en épingle par la droite et l’extrême-droite

Relayée par des politiques d’extrême-droite et de droite, la vidéo montre le cheminot entrain de s’exprimer depuis le kiosque de la Place de la Nation et affirmer notamment : « Je veux mettre un signal d’alarme. On a des collègues aujourd’hui qui se font licencier parce qu’ils disent pas bonjour, ils serrent pas la main, ils font pas la bise. »

Une phrase dont se sont rapidement saisies la droite et l’extrême-droite, qui multiplient ces derniers jours les attaques racistes contre ce qui serait une « Manif de la honte », pour fustiger le militant syndical. Un sénateur Les Républicains, Eddy Casterman, a ainsi expliqué à Valeurs Actuelles : « Anasse Kazib défend les salafistes qui refusent de serrer la main des femmes en entreprises ». Mais l’attaque ne s’arrête pas là : depuis trois jours c’est une avalanche de menaces de morts et d’insultes racistes qui pleuvent sur le cheminot.

« L’extrême-droite falsifie et instrumentalise mes propos pour me faire dire toute autre chose et m’épingler »

Face à cette vague violente, Anasse Kazib s’est expliqué hier sur l’affaire dans un post Facebook. Après avoir dénoncé l’instrumentalisation de ses propos par l’extrême-droite et les menaces dont il fait l’objet, il revient sur ses propos montés en épingle, et explique la réalité de l’instrumentalisation de la pratique religieuse pour justifier des licenciements abusifs.

« Les salariés sont victimes de sanctions discriminatoires en lien avec leurs origines ou leur religion, jusqu’à parfois inventer ou fantasmer des faits, comme dans le cas de ce cheminot, Norredine, viré après 19ans de service car dans son entretien disciplinaire il est écrit anonymement que « Vous dites bonjour de manière différente entre homme et femme » et alors même que ses collègues disaient que ce n’était pas vrai. » raconte ainsi le représentant du personnel.

« Comme j’ai toujours défendu un travailleur pour de l’alcool ou autres, je défendrai n’importe quel salarié s’il subit une discrimination sexiste, raciale, religieuse, syndicale ou politique, ce qui ne m’empêche en aucun cas de combattre auprès de chaque collègue contre tout préjugé sexiste et toute forme de discrimination envers les femmes et toutes les diversités. » conclue finalement le cheminot.

Une offensive plus générale contre tous ceux qui dénoncent l’islamophobie

L’affaire apparaît finalement pour ce qu’elle est : une cabale orchestrée par la droite et l’extrême-droite dans le cadre d’une attaque plus générale contre la manifestation contre l’islamophobie et les personnalités qui l’ont soutenu.

Depuis le début de la semaine, les attaques pleuvent contre les figures politiques qui ont manifesté malgré la "diabolisation permanente" . La sénatrice EELV Esther Benbassa a ainsi été « traitée d’antisémite ou de négationniste » après avoir posé en photo avec une petite fille portant une étoile jaune. Après cette instrumentalisation de bas étage, la sénatrice a dénoncé « une cabale » et « une affaire politique ».

D’autres figures telles que le journaliste Taha Bouhafs ou le gilet jaune Jérôme Rodrigues ont également fait les frais de telles attaques. Jean-Luc Mélenchon a de même été pris pour cible, Valeurs Actuelles en faisant, en une, le représentant des « islamo-collabos », tandis que Gilbert Collard du RN comparait le dirigeant de LFI à Pierre Laval, membre du gouvernement Pétain, assimilant la participation à la manifestation à la collaboration avec le nazisme.

Une surenchère islamophobe et raciste à la hauteur du succès de l’événement qu’a constitué dimanche dernier la manifestation contre l’islamophobie, qui entendait répondre à l’offensive initiée par le gouvernement en octobre dernier. Celle-ci a en effet réuni près de 20 000 personnes qui ont dénoncé l’instrumentalisation de l’islamophobie par le gouvernement, ainsi que les attaques de la droite et de l’extrême-droite.

Crédits photo : Stéphane Burlot




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