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Ecologie

Argentine. Tout pour le pillage des terres et des ressources : Milei s’attaque aussi à l’environnement

Dans son offensive néo-libérale, le président climato-sceptique s'attaque à l'environnement et aux droits des indigènes. Avec la « loi omnibus », Milei compte amplifier l'accaparement des terres et les pillages des ressources, en supprimant un nombre considérable de réglementations environnementales, pour graisser la patte aux industries fossiles et agricoles.

James Draoust

29 décembre 2023

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Argentine. Tout pour le pillage des terres et des ressources : Milei s'attaque aussi à l'environnement

A la suite du Décret de Nécessité d’Urgence puis des plans économique et sécuritaires, Javier Milei et son gouvernement ont lancé une nouvelle attaque sur les classes populaires sous le nom de « loi omnibus ». Le texte, regroupant 664 articles, permet un renforcement du pouvoir exécutif en décrétant une situation d’« urgence nationale » jusqu’à décembre 2025, mais aussi la validation du méga-décret du DNU, ainsi que des attaques économiques et sociales supplémentaires, y compris sur le climat.

Déréglementation environnementale tous azimuts pour l’industrie fossile et agricole

Sur le plan environnemental, la « loi omnibus » compte altérer gravement les lois de préservation de certains milieux naturels, comme les glaciers et les forêts. La loi va permettre de réduire drastiquement la définition des zones glaciaires et périglaciaires actuellement protégées, et diminuer considérablement le budget des contrôles des incendies intentionnels, causées par l’agro-industrie. La série de mesures figurant dans la loi va aussi rendre possible de multiplier les nouveaux projets d’extraction d’hydrocarbures et faciliter l’accaparement de zones naturelles par les industries fossiles et agricoles.

En plus de la déréglementation sur les milieux naturels, la « loi omnibus » compte aussi faire sauter la régulation du marché d’engrais, facilitant la commercialisation de produits toxiques. De plus, la loi veut aussi accélérer la privatisation des semences agricoles en adhérant à la Convention internationale pour la Protection des Obtentions Végétales. Il s’agit d’un traité international permettant de garantir les monopoles des semences par des multinationales comme Monsanto, très ancré en Argentine. Par ailleurs, elle permet aussi de revenir sur un acquis du mouvement écologiste argentin, avec le retrait de la loi Monsanto de 2018, qui allait contre l’interdiction faites aux petits producteurs de la conserver ou échanger des semences .

En somme, de nouveaux cadeaux considérables de Milei à l’agro-industrie, complétant une liste déjà longue comme le bras d’attaques, au mépris de la santé des travailleurs agricoles comme de la population dans son ensemble, de la biodiversité et des luttes écologistes.

Un président climato-sceptique qui s’attaque aux populations indigènes

Un véritable projet écocidaire, teinté d’un profond racisme envers les populations indigènes. A cet égard, le projet de loi vise aussi à réduire les consultations publiques de ces derniers sur de nouveaux projets, tout en excluant des consultations les territoires à « faibles valeurs de conservation ». A cela s’ajoute la baisse du financement alloué à la conservation des territoires indigènes.

Des mesures très dures contre la population indigène, qui font écho aux mesures sécuritaires décidées notamment contre les piqueteros et les actions de blocage des routes. Des actions qui avaient par exemple été emblématiques lors de la lutte de Jujuy, avec une forte mobilisation des populations indigènes, dénonçant entres autres le pillage impérialiste du lithium. Ces attaques de Milei écocides et contre les populations indigènes s’appuient sur deux éléments essentiels de son projet politique : le racisme et le climato-scepticisme.

En effet, le discours « anti-élite » de Javier Milei s’est en partie construit sur la multiplication de discours anti-science, notamment sur le rôle des scientifiques durant la pandémie de Covid-19 ou au sujet du changement climatique. Par exemple, lors du débat présidentiel du 8 octobre, Milei expliquait que le changement climatique est un simple «  cycle naturel  », relevant plutôt de «  mensonge des socialistes  » ou encore en défendant le droit à la pollution des rivières par les entreprises lors d’une conférence d’économie début septembre. Des discours lui permettant au passage de protéger ses amis les patrons pollueurs en niant toute responsabilité, humaine et patronale, dans le changement climatique.

De la déréglementation au climato-scepticisme, les attaques de Milei contre le mouvement écologiste sont à l’image de son offensive généralisée contre les milieux populaires et les mouvements sociaux. Elle nécessite une réponse d’ensemble dans la rue pour faire reculer ce projet réactionnaire aligné sur les intérêts du patronat, comme ont commencé à le dessiner les travailleurs argentins ces derniers jours, jour de grève nationale appelée par la CGT.


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