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Solidarité internationaliste

Argentine : des centaines de milliers de personnes mobilisées contre le gouvernement d’extrême-droite

En Argentine, des centaines de milliers de personnes ont manifesté partout dans le pays dans le cadre d'une grève nationale contre les attaques du gouvernement. Une étape importante, qui doit permettre de construire un plan de bataille face à Milei.

Paul Morao

24 janvier

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Argentine : des centaines de milliers de personnes mobilisées contre le gouvernement d'extrême-droite

En Argentine, la mobilisation continue de croître contre le gouvernement d’extrême-droite de Javier Milei et ses attaques anti-ouvrières et autoritaires : méga-décret, Loi omnibus et « protocole de sécurité ». Depuis midi et tout au long de l’après-midi, des dizaines de milliers de personnes continuaient de converger plaza del Congreso à Buenos Aires, où se tient un des principaux rassemblements du pays.

Sur la place, et dans tout le pays, des cortèges de nombreux secteurs, des fonctionnaires de l’ATE aux travailleurs de l’aéroport et des compagnies aériennes, en passant par les travailleurs de la construction de l’UOCRA ou de nombreux secteurs de l’industrie, mais aussi des chantiers navals et des ports et docks. Etaient également massivement présents, les travailleurs du public menacés par les plans austéritaires du gouvernement comme les fonctionnaires d’Etat, les travailleurs de la santé ou de l’éducation ou encore de la culture.

La veille, la grève avait commencé dans les aéroports. La compagnie Aerolineas Argentinas, menacée de privatisation par Milei, a dû annuler près de 267 vols mercredi matin selon C5N. « Nous sommes plus d’un millier à être venus en manifestation, nous sommes ensemble avec le reste des travailleurs de l’aéronautique pour la défense de nos droits » a expliqué Martin Brat, délégué syndical de GPS, une filiale de Aérolinas. Dans les transports en commun (bus, train et métro) les directions syndicales appellent à une grève à partir de 19h. Si la grève devrait être massive dans ces secteurs, le fait qu’elle soit appelée aussi tard a obligé une partie des travailleurs précaires ou informels à se rendre au travail.

L’extrême-gauche et les syndicats combatifs ont de leur côté formé un cortège indépendant réunissant des milliers de personnes autour du mot d’ordre : « Il faut un plan pour lutter jusqu’à faire reculer l’offensive autoritaire de Milei et du FMI ! » (Plan de lucha hasta derrotar el ajustazo de Milei y el FMI). Un cortège qui a réuni les principales organisations d’extrême-gauche, des tendances syndicales lutte de classes, des organisations de piqueteros et des organisations de droits humains ainsi que de nombreuses assemblées de quartiers et de travailleurs de la culture réunis dans le collectif Unidxs por la Cultura.

Le cortège indépendant sur la Plaza del Congreso ce mercredi.

La mobilisation s’est tenue alors que cette nuit Javier Milei et les groupes parlementaires de droite (PRO, UCR, HCF) ont trouvé un accord pour valider une version de la Loi Omnibus en commission et ainsi la soumettre au vote au Parlement cette semaine. Ces derniers jours, la priorité du gouvernement était d’accélérer l’examen de la loi pour tenter de couper l’herbe sous le pied de la mobilisation ouvrière et populaire.

Une politique qui s’est accompagnée de tentatives d’intimidation contre le mouvement depuis ce matin, avec des fouilles et des saisies de bus amenant les travailleurs à la manifestation, des blocages de ponts de la ville par les forces de répression, et des tweets s’attaquant aux manifestants de la part de figures du gouvernement. Sur Twitter, Patricia Bullrich a ainsi qualifié les manifestants de « syndicalistes mafieux, gérants de la pauvreté, juges complices et politiciens corrompus ».

Malgré cette campagne des milliers de personnes ont manifesté partout dans le pays à Buenos Aires, Cordoba, Rosario, Mendoza mais aussi à Jujuy ou Santa Fe. Exequiel Navarro, dirigeant du syndicat des fonctionnaires (ATE) à Mar del Plata s’est félicité de la massivité du mouvement dans la ville, expliquant à Clarin : « même en affirmant qu’il y a 20.000 personnes on est encore loin du compte. » A Tucuman, ce sont plus de 40.000 personnes qui auraient manifesté sur la Plaza de Independencia, un niveau de mobilisation historique.

A Buenos Aires, les dirigeants nationaux de la CGT ont pris la parole lors d’un meeting sur la place. Hector Daer, secrétaire général de la CGT a dénoncé la politique du gouvernement, expliquant : « au nom de la liberté, ils veulent privatiser toutes les entreprises d’État, au nom de la liberté, ils veulent offrir toutes les énergies argentines » en interpellant les députés. De même, Pablo Moyano, dirigeant du syndicat des camionneurs, a dénoncé l’attitude de secteurs du péronisme en expliquant : « Un péroniste ne peut pas voter ce DNU qui s’attaque aux retraités, aux travailleurs et à la souveraineté argentine. »

Des discours orientés vers l’interpellation des députés, avec l’espoir d’empêcher le vote de la Loi omnibus, mais sans discuter de perspectives de plans de bataille et de la construction d’un rapport de forces. En ce sens, comme le note La Izquierda Diario, la massivité de la grève a été limitée par la politique des directions syndicales, qui ont choisi de laisser les transports fonctionner normalement jusqu’à 19h. Une décision liée à la logique de pression des dirigeants du mouvement ouvrier.

En ce sens, l’extrême-gauche insiste sur la nécessité de construire le rapport de forces et d’aller au-delà de cette journée réussie. A l’image du député du FIT-U / PTS Nicolás del Caño qui a expliqué depuis la Plaza del Congreso : « Cette grève nationale très suivie doit être un premier pas pour construire un véritable plan de bataille des travailleuses et travailleurs, qui se poursuive pendant l’examen de la Loi Omnibus, qui va frapper durement 7 millions de retraités. » Un enjeu qui va de pair avec la construction de la mobilisation à la base, dans les entreprises mais aussi les comités de quartier.


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