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Notre classe

Assurance chômage. Pôle emploi renforce son dispositif de sécurité en prévision de la colère

Pôle emploi s’arme de bracelets et caméras en prévision des réactions des chômeurs face à la réforme.

jeudi 30 septembre

Alors que la réforme chômage doit entrer en vigueur ce vendredi premier octobre, Pôle Emploi anticipe la colère des chômeurs en s’équipant en matériel de sécurité. Une démarche violente qui stigmatise les chômeurs dans la lignée du discours du gouvernement. En face, il est nécessaire d’organiser une riposte déterminée pour que ce ne soit pas les travailleurs (avec ou sans travail) qui paient la crise.

Après le Covid, Macron et le MEDEF veulent nous faire payer leur crise

Ce vendredi 1er octobre marque l’entrée en vigueur de la réforme de l’assurance-chômage. Celle-ci représente une attaque sans précédent contre les travailleurs. En effet, d’après l’Unédic, 37% des futurs chômeurs sont concernés par la réforme et par la perte en moyenne de 24% de leurs allocations, et près de 400 000 bénéficiaires perdraient jusqu’à 40% de ce qu’ils touchaient. Les plus impactés par ces baisses d’allocations sont les travailleurs enchaînant les contrats courts et les périodes sans emplois, soit les travailleurs les plus précaires, femmes en tête. Cette réforme, mise en place par le gouvernement main dans la main avec le MEDEF, montre la volonté farouche du gouvernement et du patronat de nous faire payer la crise.

La crise du Coronavirus a entraîné des licenciements massifs malgré les milliards d’aides publiques versées aux secteurs privés et un appauvrissement des plus précaires dont le corolaire a été l’augmentation spectaculaire de la richesse des plus fortunés. Une situation insupportable pour les plus précaires, qui peut mener à des explosions de violence et de désespoir comme l’illustrent les cas d’agressions dans les Pôle Emploi ou le récent meurtre d’une conseillère par un ingénieur au chômage. Face à cette situation dramatique, la réponse de la direction de Pole Emploi n’a été que le flicage des chômeurs et la mise en place de moyens de sécurité, sans prendre en compte une seule seconde l’origine économique de la montée des tensions.

« Plan d’action sécurité » : Pôle Emploi sur le pied de guerre

Alors que le gouvernement ajoute de l’huile sur le feu avec sa réforme, la direction de Pôle Emploi poursuit dans sa lancée sécuritaire et se prépare à l’application de la loi en fournissant à ses agences de région parisienne tout un attirail contre la colère des chômeurs et ses potentielles conséquences. En effet, le « Plan d’action sécurité » mis en place par la direction prévoit la livraison de 695 bracelets permettant de sonner l’alerte, de 100 boitiers de sécurité destinés au même usage ainsi que la généralisation des caméras de vidéosurveillance. Par le passé, Pôle Emploi s’était déjà illustré par le fichage des chômeurs « agressifs » ou encore la mobilisation d’agents de sécurité.

Cette approche sécuritaire et humiliante va de pair avec le discours stigmatisant du gouvernement, qui cherche à afficher les travailleurs sans-emploi comme responsables de leur chômage et de la mauvaise situation économique.

Au-delà des recours et de la « rentrée sociale », construire une vraie riposte

Les principales directions syndicales ont annoncé qu’elles attaqueraient à nouveau le texte auprès du conseil d’Etat. Une réponse par en haut et très insuffisante face à l’offensive anti-sociale du gouvernement. De même, elles ont prévu une rentrée sociale le 5 octobre, soit après la mise en place de la réforme chômage. Leur plan ne permet pas de créer le rapport de force nécessaire pour faire reculer le gouvernement. Il est urgent de constituer une riposte déterminée dans les entreprises, dans la rue et avec des travailleurs les plus précaires et sans emplois pour exiger le retrait de la réforme chômage mais également l’interdiction des licenciements. Comme nous l’écrivions au début du mois : déjà plus de 800 000 emplois ont été supprimés par le patronat, une réalité bien plus concrète que les délires néolibéraux sur le mythe de l’assistanat.




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