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Au nom de la « souveraineté » , les députés approuvent le retour des pesticides tueurs d’abeilles

Dans la nuit du 5 au 6 octobre, les députés ont approuvé le retour des néonicotinoïdes, ces pesticides tueurs d'abeilles. Ou quand les enjeux écologiques s'effacent devant la « souveraineté économique » de la France.

mardi 6 octobre

Crédits photo : agroscope

« C’est un texte difficile, important, qui ne veut pas opposer économie et écologie […] La question est celle de notre souveraineté ». Les propos tenus par Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture, a le mérite de la clarté, à défaut d’entretenir l’illusion sur les aspirations écologistes du gouvernement.

Absente lors du vote, Barbara Pompili, ministre de la transition écologique et qui avait mené le combat contre les néonicotinoïdes avant de faire un modèle de rétropédalage, n’a pas manqué d’être soulignée, sans pour autant que cela ne dénote d’un quelconque désaccord sur la question. En effet la ministre avait défendu, elle aussi une « décision difficile à prendre » tout en affirmant que sans une telle mesure, « il n’y aura plus de filière sucrière en France ».

Dans les faits, une majorité de l’Assemblée, en particulier la droite, s’est rangée du côté du gouvernement. « Il ne faut pas être dans le dogme et faire en sorte que la France reste un grand pays agriculteur » a ainsi indiqué Christian Jacob, des Républicains. Avec un certain cynisme, l’unanimité semblait de mise, en apparence, sur l’utilisation de ces pesticides tueurs d’abeilles.

Mais face aux intérêts économiques des grands groupes capitalistes, les enjeux écologiques s’effacent instantanément. En soi, le vote sur les néonicotinoïdes démontrent avant tout que toute alternative écologique un peu progressiste, y compris la mise hors circuit d’un produit aussi dangereux pour la biodiversité, se heurte à la logique de rentabilité capitaliste. Une preuve de plus, aussi, que la lutte écologiste ne peut être qu’anticapitaliste et révolutionnaire.




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