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Justice de classe

Béziers. « Radicalisés » selon la commissaire, deux Gilets Jaunes condamnés à 1 et 2 ans de prison ferme

Ce mardi 22 janvier deux Gilets Jaunes ont été lourdement condamnés à 1 et 2 ans de prison ferme, pour avoir jeté des cocktails sur un entrepôt d’Intermarché à Béziers et avoir incendié un transformateur électrique. Une version contestée par les avocats des deux Gilets Jaunes.

mardi 22 janvier

Crédit photo : DR

L’avocat des deux Gilets Jaunes avait plaidé la clémence et la relaxe, estimant que rien ne prouvait l’implication des deux hommes dans la tentative d’incendie sur un dépôt d’Intermarché et la destruction d’un transformateur électrique à Béziers. Ces deux hommes, âgés de 38 et 40 ans, ont été condamnés à 18 mois dont 6 mois de sursis et à 3 ans de prison dont 1 an de sursis, soit un et deux ans de prison ferme pour violences et dégradations, par le tribunal correctionnel de Béziers.

D’après Le Figaro, lors des perquisitions, la police a trouvé des « lance-patates » au domicile d’un des deux Gilets Jaunes. Pourtant, la police et la justice ont qualifié de « bazookas » artisanaux ces instruments. Sans doute que l’effet est plus spectaculaire, et permet de justifier auprès de l’opinion publique la sévérité de la peine.

Ainsi, la représentante du parquet a expliqué lors de son plaidoyer que « Quand on casse, j’estime qu’on ne peut, ici, se revendiquer des "gilets jaunes"(...) nous ne sommes plus dans un mouvement pacifiste ».

Sur Europe 1 la commissaire Caroline Ravoux explique quant à elle que « ce sont des personnes qui au départ venaient sur cette zone, qui a fait l’objet de nombreux blocages. Elles ont mis le feu à des palettes, à des pneus... et sont montées en puissance petit à petit. Elles se sont équipées et ont fabriqué des objets pour être plus performantes », « Et puis fin décembre, ces personnes ont balancé des cocktails Molotov en direction de la base logistique… Dans l’exploitation de la vidéo, on voit clairement que ces jets enflammés vont en direction des agents de sécurité. Et enfin, début janvier, elles ont incendié un transformateur électrique… Ce sont vraiment des personnes qui se sont radicalisées au fur et à mesure des semaines ».

Difficile, donc, d’y voir clair dans cette affaire, tant la justice et la police semble avoir choisi la tactique de « l’accumulation de faits » à charge, fleurtant par moment avec le ridicule, alors qu’au final, les deux Gilets Jaunes n’ont été condamné que pour des faits supposés contre l’Intermarché. Version qui plus est largement contestée par les avocats de la défense. Pourtant, la justice, dans le contexte ultra répressif actuel, n’a pas hésité à prononcer des sentences exemplaires et lourdes. L’occasion aussi de passer un message politique, dans la droite lignée du discours d’Edouard Philippe sur « l’ultra fermeté ».




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