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Politique

Tri anti-démocratique

Budget au 49.3 : Bruno Le Maire va supprimer l’amendement sur les « supers-dividendes » de l’opposition

Alors que le gouvernement s’apprête à passer le budget au 49.3 cette semaine, Bruno Le Maire a annoncé sur BFM ce matin qu’il supprimerait au passage l’amendement sur la taxation des supers-profits, voté la semaine dernière. La macronie étale son mépris et assume sa politique anti-démocratique.

lundi 17 octobre 2022

Depuis une semaine, le projet de loi de finances pour 2023 est examiné à l’Assemblée Nationale. Alors que le gouvernement Macron n’a pas la majorité absolue, celui-ci a dû faire face à une succession de camouflets, avec le vote de différents amendements portés par l’opposition à l’Assemblée.

Parmi eux, une mesure de taxation des « super-dividendes » « visant à relever de 5 points, à 35 %, le prélèvement forfaitaire unique sur les dividendes qui dépassent de 20 % la moyenne de ceux versés au cours des cinq dernières années » portée par le MoDem, soutenue par des députés de la NUPES et du RN, et adoptée mercredi dernier.

Or, alors que le gouvernement n’a pas caché sa volonté d’utiliser le 49.3 pour passer son texte cette semaine, Bruno Le Maire a précisé ce matin le destin des amendements votés dans la semaine. Interrogé sur BFM TV, le ministre de l’Économie et des finances a en effet annoncé que tous ne seraient pas retenus et que le gouvernement allait tout simplement faire le tri selon son bon vouloir.

Dans ce cadre, la taxation sur les supers-dividendes, aussi limitée soit-elle, devrait disparaître. Une décision que Bruno Le Maire a défendu avec agacement sur BFM, expliquant :« arrêtons avec ces formules qui sont des supercheries. « Super-profits », « super-dividendes », derrière il y a surtout la super-taxation permanente ». Une décision qui vient encore ajouter au scandale de l’usage du 49.3, en mettant en lumière le caractère anti-démocratique du régime et les outils dont dispose le gouvernement pour passer au-dessus de n’importe quelle décision qui ne lui conviendrait pas.

De quoi relativiser le discours de ceux qui, à gauche, évoquaient à l’issue des législatives une « reparlementarisation » de la Vème République. Plus que jamais, Macron dispose d’un large arsenal d’outils pour gouverner selon son vouloir et compte bien appliquer ces méthodes pour imposer ses contre-réformes, à commencer par celle des retraites. Dans ce cadre, seul le rapport de forces par en bas, à l’image de la grève des raffineurs des dernières semaines, peut faire reculer la macronie. Une opposition à construire dès demain dans la rue et par la grève.



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