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Santé

CHU d’Angers. Les brancardiers en grève contre « des conditions de travail déshumanisées »

Au CHU d'Angers, les brancardiers sont en grève depuis le lundi 15 janvier pour dénoncer des cadences infernales et le manque de moyens. Une mobilisation de plus dans la santé qui vient démontrer l'état de crise profond des hôpitaux.

Élian Palmeran

17 janvier

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CHU d'Angers. Les brancardiers en grève contre « des conditions de travail déshumanisées »

Crédit photo : Capture d’écran Google Maps

Depuis le lundi 15 janvier, des salariés du CHU d’Angers sont en grève à l’appel de la CGT qui dénonce la surexploitation des brancardiers. Plusieurs secteurs sont impactés par cette grève, sur un d’entre eux il y a près de 64% d’intention de grève. La CGT dénonce une cadence infernale, selon un syndicaliste du CHU « chaque brancardier effectue un nombre important de missions sur une énorme superficie avec 13 kilomètres par jour à faire en poussant des brancards et des lits. Les brancardiers sont épuisés ».

En effet, ces derniers font face à une augmentation de l’activité et donc à une intensification des cadences. « Il y a eu la mise en place d’un logiciel où les salariés reçoivent les missions sur téléphone, ça met une pression énorme puisque à peine fini une mission, ils doivent en reprendre trois autres en même temps » explique le syndicaliste. Il dénonce également « un travail complètement déshumanisé qui impacte tant la santé physique que mentale ».

En conséquence, les brancardiers se mobilisent pour revendiquer une mise en adéquation de la charge de travail avec le nombre de personnel. Ils revendiquent également le remplacement systématique de tous les arrêts de travail, ainsi que le recrutement d’agents supplémentaires pour réaliser leurs missions dans des conditions de travail décentes, afin de garantir une prise en charge optimale des patients. De son côté, la direction du CHU d’Angers reste muette face à la colère et à l’épuisement des brancardiers. Plusieurs fois contactée par les syndicats, elle refuse de reconnaître l’existence même du problème.

La situation que dénoncent les brancardiers du CHU d’Angers fait écho aux nombreuses mobilisations menées par de nombreux travailleurs de la santé aux quatre coins du pays. Dans un contexte généralisé de casse de l’hôpital public, les personnel de santé sont épuisés en raison des sous effectifs et du manque de moyens. Alors que la colère s’exprime à l’instar de l’importante mobilisation à l’hôpital de Bayonne fin décembre, de différentes grèves simultanée au CHU de Purpan à Toulouse ou encore de la mobilisation inédite des personnel de nettoyage ONET au CHU de Montpellier qui ont mené 80 de grève reconductible, l’enjeu d’une mobilisation d’ensemble dans la santé devient une urgence.

Les luttes récentes dans le secteur sont menées hôpital par hôpital ou encore service par service, et se retrouvent isolées sans une réelle capacité à peser dans le rapport de force. Dans une telle situation, les directions syndicales doivent s’appuyer sur la colère existante pour construire une mobilisation d’ensemble qui se fixe d’arracher des moyens pour la santé avec la création de postes, mais aussi l’augmentation générale de 400 euros des salaires et leur indexation sur l’inflation.


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