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Cacophonie et impréparation, la rentrée scolaire à l’époque du Covid-19

Le ministre l'a dit et redit partout : "tout va bien se passer" pour la rentrée 2020. Encore une fois, la parole ministérielle a bien du mal à s'accorder à la réalité du terrain : tous les profs ont pu constater le haut niveau d'impréparation de cette rentrée, sans comparaison avec les efforts faits ailleurs en Europe.

lundi 7 septembre

Crédits photos : AFP

Puisque l’Etat estime ne pas devoir prendre en charge la fourniture des masques, la charge en est laissée aux familles et aux régions, ce qui accentue les disparités de traitement en fonction du budget des régions. Ici, les enseignants ont reçu une dizaine de masques lavables dès la rentrée, là deux seulement. Ces disparités induites mécaniquement montrent qu’un pas de plus est fait dans le projet du gouvernement qui est d’accompagner l’éducation nationale vers son agonie afin d’offrir au privé le champ de la formation. Et bien évidemment, dans cette perspective, les difficultés des personnels et des publics scolaires ne provoqueront même pas un mouvement de sourcil de la part de Blanquer.

Dans la situation inouïe de cette rentrée 2020, c’est aussi le bac Blanquer qui est inauguré, après une réforme du lycée passée en force dans le tumulte l’année précédente, entre grève du bac et fronde des E3C - on se souvient que déjà, le ministre expliquait aux médias que "tout va bien et tout se déroule normalement". La réforme, qui met fin aux filières du bac, conduit à regrouper les élèves non par leurs choix de section (ES, L, S) mais à raison du nombre d’élèves par classes : 35. Une véritable provocation de la part du ministre à l’adresse des personnels enseignants, analogue à la solution qu’il avait trouvée au moment du #pasdevagues : afficher le texte de la Marseillaise en format A3 dans chaque salle de classe. Au moins, les profs peuvent arrêter de se demander "de qui se moque-t-on ?"

Passage en force de la réforme, provocations incessantes, répression : c’est un véritable cocktail depuis 2017, dans le seul but de pousser tout le monde à la limite et de détruire les conditions d’un travail réel dans l’éducation nationale, devenue un laboratoire du darwinisme social le plus exacerbé à la fois pour les élèves et les personnels.

Et comme si la situation n’était pas assez absurde, le ministère réclame que les élèves de Seconde soient évalués en français et en mathématiques, comme les années précédentes, mais cette fois au prétexte qu’il faut tenir compte des effets de décrochage liés au confinement. Des tests le plus souvent sans rapport avec les programmes et dont les profs jusqu’à présent n’ont jamais eu les résultats. Même en situation de crise sanitaire, le ministère préfère brasser de l’air et se donner une contenance. Autre exemple de l’absurdité de l’éducation nationale version Blanquer : alors qu’il aurait été judicieux de faire en sorte que les classes soient moins chargées, en partant du simple calcul de tous les personnels disponibles, le ministère a gardé le cap de sa réforme et est resté sur le même calcul par les effectifs des classes, laissant ainsi des personnels, notamment contractuels, sur le carreau. Dégoûter les élèves et décourager les vocations semblent être désormais la seule boussole de l’éducation nationale.




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