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Politique

Petits gestes

Canicule. Le grand patronat détruit la planète, Véran conseille d’éteindre les lumières

Alors que 100 entreprises sont responsables de 70% de l’émission de gaz à effet de serre, Olivier Véran appelle, de manière éhontée, à la sobriété de la majorité de la population pour faire face à la crise énergétique.

jeudi 21 juillet

Crédit photo : AFP

Olivier Véran invoque les petits gestes pour réduire la consommation d’énergie

Le porte-parole du gouvernement Olivier Véran s’est exprimé mercredi à l’issue du conseil des ministres pour demander des baisses de consommation d’énergies de la part de la population. En effet, dans une période de canicules records, de risque de coupures du gaz russe à l’automne et avec un hiver qui s’annonce déjà extrêmement tendu au niveau de l’électricité, la question énergétique est au cœur des préoccupations.

Comble du sarcasme, Olivier Véran a appelé l’ensemble des Français à consommer moins en insistant sur les gestes du quotidien. Pour lui et le gouvernement, « il n’y a pas de petits gestes », insistant sur le fait d’éteindre la lumière, de débrancher la box wi-fi lors des départs en vacances ou de baisser la climatisation. Cet appel aux « petits gestes » et à la responsabilité individuelle face à la crise énergétique et climatique n’est pas le premier. Déjà en mars, GRDF appelait à baisser le chauffage en prévision d’une coupure du gaz russe pour l’hiver 2022 - 2023.

Les grandes fortunes polluent tranquillement pendant que la majorité doit faire des efforts

Alors que le gouvernement culpabilise la population et notamment les plus précaires pour leur consommation d’énergie, plusieurs grands patrons ont utilisé leurs jets privés pour des distances et des durées de séjour dérisoires, et ce en pleine canicule. Ainsi, entre les 17 et 19 juillet, Martin Bouygue a eu le temps de faire un trajet Paris - Ryad, s’envoler vers Marrakech et enfin rentrer sur Paris. De son côté, un membre du groupe JCDecaux a utilisé l’avion pour faire un aller - retour à Nantes en partant de Paris et en restant moins d’une heure sur place.

Ces déplacements sur de très courtes périodes et des distances minimes ne sont pas des cas rares. Egalement, c’est Bolloré qui aurait utilisé trois fois en une journée son jet privé, selon le compte Twitter @ContreAttaque. Pire encore, ce serait Macron et Darmanin qui auraient usé de deux jets privés ce 20 juillet pour se rendre en Gironde où les feux font rage depuis plusieurs jours du fait du dérèglement climatique et pendant que le reste du gouvernement fait des leçons de consommation responsable à la population.

Les exemples ne manquent pas – Bernard Arnault aurait utilisé son jet pour un vol de dix minutes, Elon Musk de 9 minutes, et François Henri-Pinault de 23 minutes – et sont l’illustration crasse de l’action dramatique des ultra-riches sur la planète quand ce sont les classes populaires qui souffrent en premier lieu des conséquences de la crise climatique. Rien qu’en Espagne, ce sont plus de 500 personnes qui sont mortes depuis le début de la canicule, tandis que la chaleur suscite des accidents de travail sur tout le continent.

En période de canicule, ce mépris de l’environnement de la part des grandes fortunes montre que la question de la consommation ne peut pas se régler sur un terrain individuel comme veulent le faire croire les discours du gouvernement qui cherchent à faire porter la responsabilité de la crise environnementale et énergétique sur les épaules des plus précaires. En attendant, en France, plus de 63 milliardaires français polluent autant que la moitié de la population et les Les 10% les plus riches consomment huit fois plus que les 10% les plus pauvres.

Mais au-delà d’une consommation indécente, c’est surtout comme producteurs que le patronat pollue le plus. De fait, 100 entreprises seulement sont responsables de 70% des émissions de gaz à effet de serre, tandis que 64% de la déforestation mondiale est le fait de l’industrie agro-alimentaire. Autrement dit, la crise climatique n’est pas affaire de consommation mais de système de production et la responsabilité est celle des capitalistes.

En réalité, la crise climatique ou les tensions à venir sur le gaz russe sont les résultats de choix économiques et de rapports de force entre grands groupes capitalistes. De ce point de vue, le rythme de vie décadent de la grande bourgeoisie est surtout l’illustration de leur mépris des ressources naturelles et de l’écologie dès lors que ce sont les classes populaires qui à travers le monde font face aux conséquences de leur course au profit.



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