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Casse de l’hôpital : une patiente de 96 ans attend 30 heures aux urgences

Une patiente de 96 ans a passé 30 heures en salle d’attente des urgences du Grand Hôpital de l’Est francilien avant de pouvoir être prise en charge. Le cas en dit long sur la pénurie de personnels et de lits à l'hôpital public.

jeudi 4 novembre

Une patiente de 96 ans a été transportée au Grand Hôpital de l’Est francilien à Jossigny depuis un Ehpad dû à une décompensation cardiaque. Elle attendra plus de 30 heures avant de pouvoir être prise en charge par le personnel hospitalier. Le petit-fils de la patiente en question, qui a rapporté l’histoire au Parisien dénonce « une vraie déshumanisation et un abattage dans les urgences », résultat des années de casse de l’hôpital public.

Sans nouvelles, il se rendra aux urgences de l’hôpital le soir même, où sa grand-mère attendait assoiffée et dans des conditions déplorables dans un brancard : « elle baignait dans son urine car sa couche n’avait toujours pas été changée. Vers une heure du matin, j’ai dû partir car je travaillais le lendemain ». La situation s’ensuit, il ne recevra pas de ses nouvelles pendant deux jours, avant d’apprendre que sa grand-mère aurait été transférée à une clinique alors qu’elle se trouvait toujours aux urgences de l’hôpital.

Qualité de soins et conditions de travail

La politique d’austérité à l’hôpital public, mise à nu par la crise sanitaire, a mis le curseur sur la corrélation entre la qualité de soins prodigués et les conditions de travail à l’Hôpital.

Si le gouvernement s’attaque éhontément aux soignants, les rendant coupable de la fermetures des lits, la crise que connaît les nombreux services montre que le manque de personnels est lié a l’épuisement et aux burn-out qui en découlent à cause des mauvaises conditions de travail.

En témoignent les nombreux services complètement saturés, pratiquant le tri de patients et la déprogrammation des opérations pour pouvoir faire face à l’affluence, et dont certains sont en grève illimitée comme à Laval (Mayenne) pour leurs patients, leurs collègues et leurs métiers. Il leur est impossible d’exercer face à ce manque de moyen chronique, le sous-effectif et la surcharge de travail que met en évidence cette histoire.

Pour que les choses s’améliorent, il est nécessaire de lutter pour des revendications qui répondent réellement aux conséquences désastreuses de la casse de l’hôpital public, en exigeant des moyens massifs dans la santé, des recrutements et une vraie revalorisation salariale pour les soignants en première ligne.




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