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Justice pour Nahel

Censure des réseaux sociaux, couvre-feux et blindés : la macronie poursuit l’escalade répressive

Après une nouvelle cellule interministérielle de crise ce vendredi, la macronie, sous pression de la colère qui ne faiblit pas a opéré un nouveau saut dans la répression de la colère des quartiers populaires.

Erell Bleuen

30 juin 2023

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Censure des réseaux sociaux, couvre-feux et blindés : la macronie poursuit l'escalade répressive

Crédits photo : capture d’écran France Info

Pour le gouvernement, la nuit a été longue. Loin de s’essouffler, la colère qui a embrasé les quartiers populaires suite au meurtre policier de Nahel s’est propagée sur l’ensemble du territoire : de la banlieue parisienne au 15ème arrondissement, en passant par Roubaix, Lille, Tourcoing, Rennes, Nantes, Bordeaux, les révoltes se poursuivent dans les quatre coins du pays.

Si au début, le gouvernement a cherché à donner des gages pour éviter l’embrasement, Macron et ses ministres ont renforcé le dispositif répressif ce jeudi pour tenter de tuer la contestation dans l’œuf. Mais ni l’intervention de la BRI et du RAID, ni les 875 interpellations dans la nuit de jeudi à vendredi n’ont permis de mater la colère.

Ce vendredi, après une nouvelle cellule interministérielle de crise, le chef de l’État a donné le ton et a annoncé de nouvelles mesures répressives lors d’une conférence de presse en début d’après-midi. Il a entamé son propos en condamnant une « instrumentalisation inacceptable de la mort d’un adolescent » pour « créer le désordre et attaquer nos institutions ». Une rhétorique qui vise à nier les fondements de la contestation contre les violences policières et le racisme systémique de l’État Français, et qui sert de récit à Macron pour justifier un nouveau saut répressif du gouvernement.

Evoquant de façon méprisante « l’intoxication aux jeux vidéos » des jeunes comme cause des « violences », Macron a annoncé le « le retrait des contenus les plus sensibles en lien avec les plateformes » des réseaux sociaux. En d’autres termes, Macron cherche à dépolitiser la révolte et choisit la censure et l’offensive répressive pour isoler les émeutiers.

A la suite de la conférence de presse, plusieurs autres mesures répressives ont été annoncées : les rassemblements à la mémoire de Nahel et contre les violences policières ont été interdits à Marseille, Montpellier et Toulouse et Darmanin a demandé aux préfets que l’ensemble du réseau de transports en commun (bus et tramways) soit mis à l’arrêt après 21 heures partout en France.

Dans le même temps, le gouvernement a annoncé l’annulation « d’évènements de grande ampleur » et plusieurs couvres-feux ont d’ores et déjà été décrétés : à Beauvais et Châtauroux, les jeunes âgés de moins de 18 ans non-accompagnés ne pourront pas sortir entre 22h et 6h, à Dourdan, Colmar, des couvres-feux ont été instaurés pour les personnes mineures, et à Clamart, un couvre-feu général de 21h à 6h a été annoncé. De l’autre côté, la macronie renforce les dispositifs policiers. En fin d’après-midi ce vendredi, le gouvernement a annoncé le déploiement de 18 fourgons blindés de la gendarmerie, dont quatre Centaure – des nouveaux engins qui sont de véritables machines répressives.

Des mesures qui marquent un nouveau saut dans la répression de la colère qui embrase les quartiers populaires, et témoignent de la mise à la défensive de la macronie face à une situation qu’il n’a pas sous son contrôle. Alors que la droite et l’extrême-droite réclament l’instauration d’un état d’urgence, à l’image d’Eric Ciotti (LR) ou de Sébastien Chenu (RN), ou encore des syndicats majoritaires dans la police qui appellent à « mettre hors d’état de nuire » les « hordes sauvages », Macron cherche à temporiser en essayant à la fois d’éviter tout faux pas qui pourrait embraser la colère mais aussi à maintenir « l’ordre ».

Sous pression, le gouvernement a opéré ce vendredi un nouveau saut dans le dispositif répressif et les mesures autoritaires pour essayer d’isoler la colère. Un tournant autoritaire qui pourrait encore s’approfondir dans les jours à venir : Macron s’est effet déclaré prêt à « adapter le dispositif de maintien de l’ordre sans tabou » ce vendredi, et les injonctions à l’instauration d’un état d’urgence se sont multipliées tout au long de la journée dans les médias.

Dans ce contexte, il est crucial de ne pas laisser la colère des quartiers populaires isolée face à la répression. Il est urgent de construire un front large avec l’ensemble des organisations politiques, syndicales, et du mouvement social, contre le racisme d’État, l’autoritarisme du gouvernement et les violences policières, et construire ainsi une riposte d’ensemble face au gouvernement.


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Erell Bleuen

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