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Et 7 millions de morts par an dans le monde

Chine : 3 millions de décès par an à cause de la pollution

En Chine, près de 3 millions de personnes décèdent prématurément chaque année à cause de la pollution atmosphérique, soit une moyenne de 8220 personnes par jour. La revue The British Medical Journal (BMJ) a en effet publié une étude sur trois ans - de 2010 à 2013 –, dans une quarantaine de grandes villes, qui montre la détresse écologique dans laquelle se trouve le pays. Enora Lorita

mercredi 15 mars 2017

Entre 2010 et 2013, la concentration quotidienne de particules fines PM10 a atteint en moyenne 92,9 microgrammes par mètre cube dans les villes étudiées, allant jusqu’à 136 microgrammes dans une ville située au nord-ouest du pays, soit six fois plus que le niveau maximum recommandé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). L’exposition aux particules PM10, émises surtout par le trafic routier, le chauffage et l’agriculture, s’est révélée être d’autant plus néfaste chez les femmes et les adultes de plus de 60 ans. Ces particules ont également un impact particulier pour les maladies cardiovasculaires, qui augmentent de 0,62% pour chaque hausse de 10 microgrammes par mètre cube. Les chercheurs ont de plus expliqué que ce chiffre était sans doute sous-estimé, ne prenant en compte ni les zones rurales, ni les effets sur la santé à long terme.

Les dégradations environnementales que connaissent la Chine aujourd’hui sont dues à sa croissance économique disproportionnée et à la volonté de faire du pays une puissance industrielle mondiale. La multiplication des délocalisations des entreprises européennes et américaines vers la Chine est notamment à l’origine de cette pollution ravageuse. Depuis son ouverture économique à la fin des années 1970, le développement industriel du pays engendre une catastrophe écologique et sociale grandissante qui attire les grandes entreprises capitalistes les plus polluantes, alléchées par la main d’œuvre bon-marché du pays et par son déficit de restriction en matière environnementale. La faible législation environnementale du pays est, du reste, systématiquement violée par les industries publiques et privées. Ce désastre écologique n’empêche cependant pas la multiplication de projets et de constructions toujours plus vertigineux, dont le pays n’a le plus souvent pas besoin et qui accélère le gaspillage des ressources et la surproduction.

Les dommages collatéraux sont donc les travailleurs et les travailleuses qui développent des maladies dues à leurs conditions de travail insupportables, tout comme les familles chinoises qui vivent dans un nuage de pollution permanent. A cela s’ajoute une mortalité au travail extrêmement élevée qui est le résultat d’une exploitation quotidienne des travailleurs, les poussant même bien souvent au suicide..

Crédit photo : AFP/Jones




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