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« Conférence de financement » : deux économistes proches de Macron pour épauler Laurent Berger !

C’est tout un symbole. Le journal Le Monde révèle que deux économistes proches de Macron, Jean Pisani-Ferry et Philippe Aghion, épauleront la CFDT lors de la « conférence de financement ». Ils seront chargés de trouver la bonne « formule » pour couper près de 12 milliards d’euros dans le système de retraites.

lundi 20 janvier

Crédits photos : PHILIPPE WOJAZER / REUTERS

Si le gouvernement pensait avoir obtenu le « compromis » miracle avec la CFDT, la réalité est toute autre. En effet, c’est une nouvelle épreuve que l’exécutif a été obligé de s’infliger avec cette « conférence de financement » sous la pression du mouvement de grève historique avec comme pointe avancée la RATP et la SNCF. Une épreuve que la CFDT doit aussi affronter avec la problématique suivante à résoudre : comment atteindre « l’équilibre » du système de retraite, d’ici à 2025, c’est-à-dire couper 12 milliards d’euros dans les retraites, sans donner l’impression d’avoir trahi ?

Une équation des plus difficiles à résoudre tant le processus de « négociation » avec les partenaires sociaux rappelle la manière dont l’assurance chômage avait été massacrée. « La CFDT joue gros dans les semaines à venir » comme l’explique Le Monde. « Elle a obtenu que soit prochainement lancée une conférence sur le financement des retraites, à laquelle participeront les partenaires sociaux. A charge pour la centrale cédétiste, désormais, de démontrer que le jeu en valait la chandelle », continue le journal.

Et Macron comme Berger ont intérêt à ce que le pari soit réussi. Pour cela, deux poids lourds du macronisme des premières heures sont revenus à la rescousse. Après une enquête du journal Le Monde, « il s’avère que la confédération va être épaulée notamment par des économistes qui furent proches d’Emmanuel Macron durant la dernière campagne présidentielle. Parmi eux, Jean Pisani-Ferry, le directeur du programme du candidat d’En marche ! en 2017 », est-il expliqué. Le soutien de Macron explique : « J’ai des contacts anciens et réguliers avec la CFDT, sur beaucoup de sujets, confie le professeur à Sciences Po Paris. Le fait qu’une organisation comme celle-ci prenne en compte les réflexions d’économistes indépendants me paraît être une très bonne chose ». Mais c’est aussi Philippe Aghion, qui avait soutenu Macron en 2017, qui fait parti des élus pour résoudre la difficile tâche, celle de mettre les « partenaires sociaux » d’accord pour une coup de 12 milliards d’euros, plus ou moins, sans que patronat ni syndicat n’apparaisse lésé.

En somme, Macron et Berger s’efforcent de mettre le maximum de chances de leur côté pour que le processus arrive à son terme. Mais c’est aussi une manière de mettre Jean Pisani-Ferry et Philippe Aghion face à leurs responsabilités : eux, architectes du projet économique de Macron en 2017, avaient été les premiers à s’exprimer publiquement contre la méthode employée par l’exécutif. S’ils applaudissent la réforme par points, ils n’ont pas caché leur scepticisme sur la méthode dans une tribune publiée dans le journal Le Monde : « Pour réussir une réforme aussi ambitieuse, il faut de la clarté sur sa finalité, sur ses paramètres, sur la gouvernance future du système et, enfin, sur les conditions de la convergence des différents régimes existants. Cette clarté a jusqu’ici manqué. Pour convaincre, le gouvernement doit sans délai y remédier ».

En somme, que ces deux économistes, macroniste de la première heure, se retrouvent comme conseiller spécial de Laurent Berger rappelle, une nouvelle fois, l’objectif de cette « conférence de financement » : raboter les retraites de 12 milliards d’euros. Mais c’est aussi une expression des liens profonds qui se nouent entre Macron et la CFDT par le biais d’un syndicalisme qui ne fait même plus mine de négocier des avancées.




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