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Coupes budgétaires au centre de soins des Vinatiers : 25 lits supprimés, les soignants se mobilisent !

Ce mardi 21 avril a eu lieu un rassemblement devant le centre hospitalier de Vinatier organisé par l'intersyndical (CGT, FO et CFTC) pour dénoncer la fermeture d'une unité de 25 lits dans la cellule psychiatrique de l'hôpital. Le secteur avait déjà connu de nombreuses coupes budgétaires entrainant une suppression de lits. Un drame pour la psychiatrie publique dans un moment où une crise sanitaire et un confinement aggrave la situation psychologique d'une partie de la population.

samedi 25 avril

Crédit photo : Rebellyon

« Il est inadmissible que le directeur profite de la crise sanitaire pour fermer à tour de bras les services » dénonce un médecin de l’unité supprimée. En effet, les coupes budgétaires depuis des années s’inscrivent dans la logique globale de la « restructuration de l’hôpital public », c’est-à-dire des coupes dans le public pour privatiser toujours plus notre santé. De plus, le contexte épidémique actuel, qui entraîne une forte pression sur l’appareil de santé et notamment sur les hôpitaux, n’empêche pas les directions de continuer cette politique mortifère sous couvert de lutte contre le COVID-19. A l’instar du CHU de Nancy dans le Grand-Est, principal territoire frappé par l’épidémie, où la direction de l’ARS réfléchissait à maintenir la suppression de 598 postes et 174 lits.

Dans le même temps, le gouvernement annonce « un plan massif d’investissement [...] pour notre hôpital » : un mensonge de plus de la part de l’exécutif, qui a laissé faire une fermeture de 25 lits, cette semaine encore. Tout ça alors que les directions de certains hôpitaux sont obligées d’appeler aux dons pour acheter des respirateurs, quand le gouvernement offre 300 milliards au grand patronat.

Les mesures de « restructuration » vont s’amplifier dans la période qui s’ouvre, sous prétexte d’économies pour le budget de l’Etat. Celles-ci laisseront plus de place aux instituts privés, lesquels n’oeuvrent pas en faveur de la santé de toutes et tous, mais excluent d’office les populations les plus précaires. C’est pourquoi il faut un réel plan d’investissement massif dans la santé et non pour le patronat. Nos vies doivent passer avant les profits d’une minorité.

« Et quid des patients de l’unité Lanteri Laura ? On devrait les mettre dehors, car il n’y a pas de lits ailleurs »

L’unité Lanteri Laura est l’unité supprimée par cette coupe budgétaire, la suppression provoque des problèmes à long terme pour l’unité mais aussi à court terme. Tous ses patients qui sont actuellement en service psychiatrique vont devoir être mis dehors de l’hôpital. La direction invoque le fait que l’hôpital doit être entièrement orienté vers la lutte contre le covid-19, mais ce motif ne suffit pas pour justifier l’expulsion des patients de services centraux pour leur santé. De plus, il n’y a aucune politique de dépistage pour détecter le Covid-19 pour ce type de patients. Idem pour les soignants de ses services qui sont en contact avec l’ensemble de la structure de l’hôpital qui accueille les unités spéciales COVID. Le manque de moyens dans la santé criant depuis des décennies s’exacerbe dans cette période de crise sanitaire. Il faut d’urgence rouvrir et embaucher massivement dans toute les unités qui ont subi des coupes budgétaires. Que ce soit dans la psychiatrie, qui fait l’objet d’attaques violentes depuis des années, mais aussi dans l’ensemble de la santé publique.

Face à l’attaque de la direction et du gouvernement sur notre santé et les conditions de travail du personnel hospitalier, il faut une riposte des soignants à la base. L’intersyndicale de l’hôpital avec le rassemblement organisé ce mardi, qui a été une réussite en réunissant une centaine de soignants pour interpeller la direction et s’opposer frontalement à la fermeture des lits, démontre la volonté des travailleurs des hôpitaux pour prolonger leur lutte qui dure depuis déjà des mois voire des années. L’organisation des travailleurs actuellement en première ligne est centrale pour revendiquer plus de moyens et moins de coups budgétaires et imposer la centralisation du système de santé sous contrôle des soignants et usagers, mais aussi pour contrer le discours gouvernemental et ses mensonges sur les moyens soi-disant alloués aux hôpitaux.




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