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Jeunesse

Violences policières

Coups, plaquages, gazages : après 3 jours de mobilisation, la répression policière contre les lycéens fait rage

En région parisienne, mais aussi à Nantes ou Saint-Nazaire, les lycéens continuent de se mobiliser pour exiger un protocole sanitaire décent face à l’épidémie de Covid-19. En réponse, l'État a opté pour la répression. Un peu partout, les jeunes se sont fait matraquer, gazer et interpeller. Voilà la liberté d’expression telle que l’entend Blanquer.

jeudi 5 novembre

Depuis la fin des vacances de la Toussaint et le durcissement des mesures sanitaires décidé par le gouvernement avec notamment, l’instauration d’un confinement allégé, taillé sur mesure pour le Medef, les enseignants et les élèves se mobilisent dans l’éducation. Tout d’abord, c’est la décision du ministre d’annuler les deux heures de concertation entre profs suite à l’assassinat de Samuel Paty qui a causé un premier mouvement de révolte chez les professeurs. Cette révolte s’est aussi combinée avec les incohérences et mensonges du gouvernement concernant le protocole sanitaire tel qu’appliqué dans l’Éducation nationale. Dès la fin des vacances de la Toussaint, le hashtag #BlanquerDemission était déjà apparu sur les réseaux sociaux.

Depuis la rentrée du lundi 3 novembre, la mobilisation se confirme avec des débrayages d’enseignants et des actions de blocages d’établissements avec, dans certains cas, la participation des parents d’élèves. L’objectif de ces mobilisations est principalement d’imposer des mesures sanitaires adéquates, dont certaines avait été promises par le ministre, par exemple le recours à l’enseignement en demi-groupe pour assurer les distances entre élève qu’impose la situation sanitaire.

À Paris, au Lycée Voltaire, alors que la gendarmerie allait intervenir pour débloquer le lycée, les lycéens se sont agenouillés en reproduisant la position dans laquelle les jeunes de Mantes-la-Jolie avaient été mis par la police en 2018 lors du mouvement des Gilets jaunes, montrant ainsi la continuité dans la gestion policière du gouvernement.

Au lycée Paul Éluard de Saint-Denis en région parisienne, les enseignants, les AED et les élèves ont bloqué ensemble l’établissement avant l’intervention de la police qui n’a pas hésité à faire usage de grenades lacrymogènes et à charger les élèves. De même au lycée Paul Valéry, les policiers ont fait usage de leur gazeuse pour lever le blocage des élèves.

Toujours au lycée Paul Valéry, les élèves racontent la répression, et la violence de la police, l’humiliation et l’interpellation de cinq lycéens.

La révolte, c’est ce qui domine aussi dans l’ouest. À Nantes, les lycées ont mis en place un blocage impressionnant devant le lycée des Bourdonnières où les élèves ont allumé un feu.

Hier, c’est aussi à Lyon, que la brigade anticriminalité étaient intervenue pour lever le blocage du lycée Saint-Exupéry où un lycéen avait été jeté au sol.

Finalement, à Saint Nazaire, ce sont les lycéens qui ont réussi à faire reculer la police par leur action collective et ainsi à maintenir leur blocage. Cette action massive et impressionnante montre la capacité des lycéens à se mobiliser et à montrer la voie pour une montée en radicalité du mouvement social.

Cette répression montre à la fois la crainte du gouvernement face aux risques d’une explosion sociale dans la suite du mouvement des Gilets Jaunes ou de la grève des transports de décembre 2019 et sa détermination à maintenir un confinement qui se résume à l’obligation de travailler. Le mouvement des enseignants et des lycéens est aujourd’hui à l’avant-garde de la mobilisation contre la gestion de la crise du gouvernement.

Vendredi 6 novembre, Révolution Permanente reviendra sur cette semaine de mobilisation dans un live animé par Anasse Kazib sur Facebook. Si vous militez ou êtes témoins de la répression policière sur les lycées, n’hésitez pas à nous envoyer vos témoignages.




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