^

Politique

#BlanquerDemission

A la veille de la rentrée, les profs exigent la démission de Blanquer sur les réseaux sociaux

Il y a quelques jours, le #GreveGenerale avait déjà percé sur les réseaux sociaux. En cette fin de vacances de la Toussaint, c’est le #BlanquerDemission qui prend de plus en plus d’importance. En cause, l’accumulation des mensonges du ministre, la désorganisation à la veille de la rentrée scolaire, les mensonges du ministre et l’absence d’un protocole digne de ce nom pour les établissements scolaires du temps de concertation avant l’hommage à Samuel Paty.

dimanche 1er novembre

Depuis samedi 31 octobre, le #BlanquerDemission fleurit sur Twitter et s’est même glissé en tendance France. Quelques jours après le #GreveGenerale, c’est le deuxième hashtag qui vise à dénoncer la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement. Cette fois, c’est le ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer qui est visé. Ce qui est remis en cause, c’est la gestion erratique et mensongère de la rentrée, reflet du mépris constant que manifeste l’institution envers les enseignant.e.s.

En effet, la rentrée du 2 novembre est pour le moins entourée de flou. Deux semaines après le meurtre horrible de Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine, à la suite duquel les professeurs avaient été portés comme les héros et héroïnes de la république, le temps d’hommage obligatoire prévu à la rentrée a été réduit à une minute de silence et à la lecture propagandiste d’une lettre de Jean Jaurès. L’autre point qui provoque la colère des enseignants est la gestion chaotique de cette rentrée et les mensonges du gouvernement. En particulier, la farce d’un soi-disant protocole « renforcé » pour faire face à la situation sanitaire qui est dénoncée. En effet, malgré les annonces du gouvernement, dans les textes officiels ce protocole est à mettre en place seulement s’il est compatible avec le maintient de la capacité des classes et le fonctionnement classique des établissements.

A l’opposé de la communication gouvernementale, les enseignants montrent la violence de l’institution envers ses personnels, l’acharnement du gouvernement pour faire fonctionner les établissements comme si de rien n’était et la réalité de leur métier. Cette vague de dénonciation va au-delà de la simple question de la rentrée mais englobe bien des problèmes de fond sur les conditions de travail des professeurs. Entre classes surchargées, bas salaires et difficultés instaurées par les années successives de réformes ou encore le maintien de la journée de carence pendant la pandémie, c’est une remise en question globale du fonctionnement de l’éducation nationale qui a lieu.

Au-delà des mots, les appels à l’action ce multiplient. L’intensité et l’accumulation de la colère chez les personnels de l’Education Nationale a poussé les syndicats à poser des préavis de grève spécifiquement pour la semaine de la rentrée, tandis que de nombreux enseignants appellent à faire grève ou à débrayer en cette rentrée, ne serait-ce que pour prendre le temps de concertation annulé, mais nécessaire pour rendre un véritable hommage à Samuel Paty. De plus les lycéens aussi appellent à la mobilisation, de par la coordination lycéenne parisienne qui propose de bloquer les lycées ce mardi 3 Novembre.

Au-delà des mots et du #BlanquerDemission, les enseignant.e.s semblent prendre conscience de la nécessité de faire émerger un véritable rapport de force avec l’institution. Pour permettre une rentrée dans des conditions d’hygiène et de sécurité à la mesure de la pandémie, il faut en effet que ce ras-le-bol se traduise dans l’action. En ce sens, les appels à la grève et au blocage sont extrêmement positifs. Mais il est vital de les élargir pour pouvoir imposer nos revendications face au ministère. De plus, il est nécessaire que les enseignant.e.s et personnels de l’Education Nationale s’organisent pour exiger et construire dans leurs établissements les espaces de concertation et d’échange dont ils ont besoin. A la fois pour décider eux-mêmes s’ils souhaitent rendre hommage à Samuel Paty et dans quelles conditions, mais aussi pour aborder les conditions dans lesquelles doit se faire la réouverture des écoles dans un contexte de crise sanitaire. Il est inadmissible de se voir imposer par le haut des injonctions qui, en plus d’être contradictoires, apparaissent inadaptées dans un contexte de reconfinement national, et refusent de prendre en compte la réalité sur le terrain ainsi que le mal-être et les inquiétudes des enseignant.e.s et de leurs élèves.




Mots-clés

Covid-19   /    Crise sanitaire   /    Education nationale    /    Education Prioritaire   /    Jean-Michel Blanquer   /    Education   /    Politique