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Deux enfants jetés de 4 mètres de haut à la frontière états-unienne : Biden est responsable

Dans la nuit du 30 mars, deux fillettes équatoriennes de trois et cinq ans ont été jetées par un passeur du haut d’un mur de quatre mètres, à la frontière entre le Mexique et les États-Unis. Elles ont été laissées à des kilomètres de la résidence la plus proche. Une nouvelle illustration violente de la politique anti-migratoire menée par les États-Unis, à l’ère où les promesses de Biden semblent d’ores-et-déjà s’envoler.

jeudi 1er avril

Crédit photo : MARIO TAMA / AFP

« Mardi soir, un agent de Santa Teresa chargé de l’utilisation de caméras a vu un passeur lâcher deux jeunes enfants du haut d’un mur frontalier d’une hauteur de 14 pieds (environ quatre mètres) », a indiqué le service américain des Douanes et de la Protection des frontières dans un communiqué.

Ce triste « fait divers » comme l’ont qualifié les médias dominants, est à l’image de la situation actuelle aux États-Unis, où à peine plus de deux mois après son arrivée à la Maison blanche, Joe Biden fait déjà face à la première crise migratoire de son mandat.

En février, plus de 100 000 arrestations de migrants ont été effectuées à la frontière, soit une augmentation de 28% par rapport au mois précédent. Parmi eux, plus de 10 000 mineurs isolés, un nombre inédit depuis les arrivées massives de 2014. À défaut d’être renvoyés à la frontière de la même manière que les adultes, ceux-ci connaissent un sort qui ne s’avère pas plus favorable : parqués dans des camps, ils sont entassés en pleine crise sanitaire dans des centres surpeuplés, qui pour certains atteignent 175% de leur capacité d’accueil initiale. Surnommée la « hielera » (« la glacière », à cause de l’extrême froid qui y règne) par les migrants, ces camps maintiennent les mineurs enfermés pendant des semaines, nonobstant la législation américaine qui limite normalement leur transit à trois jours, dans des conditions qui dépassent l’entendement.

En réaction à la vidéo de surveillance ayant détecté les fillettes cruellement abandonnées à leur sort, la cheffe de patrouille frontalière américaine Gloria I. Chavez revendique l’action de ses troupes : « sans la vigilance de nos agents avec l’aide de technologies mobiles, ces deux toutes jeunes sœurs auraient été soumises pendant des heures aux rigueurs du désert ». Elle poursuit, dénonçant la violence de « ces passeurs de clandestins impitoyables »

Le paradoxe ressort clairement de ses paroles : le problème viendrait de quelques individus « impitoyables » qu’il suffirait de réprimer par la loi. Or, c’est cette même loi qui depuis des années maintenant, permet la réalisation de situations telle que celle de la nuit dernière.
Par des politiques toutes aussi xénophobes les unes que les autres, en passant par Trump, Obama, Bush ou encore Clinton, les prédécesseurs de Biden s’étaient appliqués à bâtir le terrain du rejet de la misère sociale et économique de leurs voisins. Après avoir promis d’effacer cette « honte morale et internationale », c’est pourtant sur ce terrain que Biden continue à travailler le fléau.

En effet, si l’administration Biden refuse de parler de crise migratoire, le mois de mars a compté une moyenne de 4 000 arrestations par jour, chiffre qui devrait continuer d’augmenter au mois d’avril. Selon une étude du centre Pew Research, la hausse actuelle est notamment alimentée par des « migrants climatiques » qui fuient le Honduras, le Guatemala et le Nicaragua, alors que la région a été frappée par deux ouragans fin 2020 qui ont provoqué de graves inondations.

Dépassé par cette crise, le secrétaire à la sécurité intérieure des États-Unis, Alejandro Mayorkas s’est empressé de répéter sur plusieurs chaînes américaines : « la frontière est fermée », avant d’expliciter : « Nous expulsons les familles, nous expulsons les adultes seuls » et d’avouer que le niveau de migration pourrait atteindre son plus haut niveau depuis vingt ans.

Il faut dire qu’à l’annonce de l’élection de Joe Biden, des scènes de liesse avaient eu lieu à la frontière mexicaine, portant un mince espoir en la nouvelle administration suite à ses discours annonçant un nombre record de régularisation (11 millions de sans-papiers) et une grande « réforme de l’immigration ». En réalité, derrière un discours davantage diplomate que celui de Trump et qui revendique une politique de charité et d’humanisme à l’égard des migrants, Biden cherche à masquer la responsabilité des Etats-Unis dans la misère sociale et politique des pays d’Amérique-du-Sud, qui contraignent des dizaines de milliers de familles à fuir pour survivre. Finalement, c’est sans grande surprise que la gestion catastrophique de l’afflux des migrants révèle que la politique xénophobe du gouvernement américain ne cessera pas avec l’arrivée de Biden : elle, ne connaît pas de frontière entre démocrates et républicains.




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