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Toulouse

« Deuxième mi-temps » pour les salaires : à Tisséo, un nouvel appel à la grève vendredi

Les syndicats de Tisséo faisaient leur rentrée sociale ce mardi matin avec un tractage devant les dépôts toulousains. Après une « pause estivale » dans la mobilisation pour les salaires, l’intersyndicale appelle à une nouvelle journée de grève ce vendredi à l'occasion de l’ouverture de la coupe du monde de rugby.

Rafael Cherfy

5 septembre

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« Deuxième mi-temps » pour les salaires : à Tisséo, un nouvel appel à la grève vendredi

Crédits photo : Dorian M

Ce mardi, des dizaines de salariés Tisséo des différents syndicats (SUD, CGT, FNCR et CFDT) étaient présents dès 4 h 30 devant les dépôts de bus toulousains. Sur le dépôt de Langlade, ils étaient une trentaine à se relayer pour diffuser un tract intersyndical.

Après 13 journées de grèves massives entre avril et juin 2023, l’intersyndicale appelle à une « deuxième mi-temps » de la mobilisation qui commence le vendredi 8 septembre « en faisant grève en fin d’équipe le matin pour éviter tout supplément et l’après-midi à partir de 18 h » indique le tract.

Les salariés des transports toulousains sont donc à nouveau appelés à se mobiliser pour le maintien de la « clause de sauvegarde », un mécanisme qui permettait jusqu’ici une indexation partielle des salaires sur l’inflation et que la direction a supprimé malgré les journées de grève massive.

La casse du service de transports toulousains est aussi au cœur des préoccupations avec « des projets de restructuration et de sous-traitance qui ne sont rien d’autre qu’un plan social déguisé  », dénonce l’intersyndicale. Durant l’été, les salariés de Tisséo ont été confrontés de nouvelles dégradations de leurs conditions de travail, notamment autour de plannings rallongés pour un effectif toujours plus réduit. Un salarié de Langlade l’affirme : «  la colère est toujours là, ce n’est pas la coupe du monde qui va faire oublier nos revendications ».

Pendant cet évènement sportif majeur, d’autant plus à Toulouse, les salariés comptent bien faire entendre leurs revendications « pour mettre un carton rouge » à la direction. Cette dernière, restée sourde aux revendications des grévistes, avait multiplié les tentatives pour les intimider et briser la grève durant les treize journées de mobilisations.

Une « deuxième mi-temps » qui intervient dans un moment décisif, alors que la direction cherche à faire payer la grève aux syndicats en les assignant au tribunal. Une attaque majeure visant à casser la grève et à dissuader les salariés de reprendre le mouvement. Si ces derniers ont pour l’heure obtenu gain de cause au tribunal lors d’une première audience le 23 juin, la bataille juridique se poursuit avec une nouvelle audience le 18 septembre. Une date à retenir pour apporter un maximum de soutien à la lutte pour l’indexation des salaires sur l’inflation, mais aussi contre la répression et pour le droit des travailleurs de faire grève.

Sur le plan de la grève, excepté l’appel à la mobilisation le vendredi 8 septembre, rien n’est encore fixé. « Il faudrait renouer avec des journées complètes de grève et même plus, mais les treize journées de grève ont laissé des traces notamment sur le plan financier. Mais avec la coupe du monde de rugby en même temps, il y a une carte à jouer » nous confie un syndiqué sur le dépôt de Langlade.

La détermination des équipes syndicales est donc toujours présente et la colère des salariés est loin d’être retombée. L’urgence d’un plan de bataille pour faire plier la direction se pose d’autant plus face à la répression judiciaire que mène la direction et face aux difficultés financières qui peuvent toucher les grévistes. En ce sens, l’appel à une assemblée générale commune lors des prochaines journées de mobilisations est la voie à suivre pour décider collectivement des modalités de la grève. C’est par cette voie qu’il sera possible d’entraîner l’ensemble des salariés dans la construction d’un mouvement large, à même d’imposer une défaite à la direction et de montrer la voie à suivre pour les millions de travailleurs qui, eux aussi, veulent voir leurs salaires indexé sur l’inflation.


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