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Politique

« Ni Le Pen ni Macron, ni patrie ni patrons »

Deuxième tour Macron - Le Pen : des manifestations spontanées à Lyon et Rennes dimanche soir

Quelques heures après l’annonce des résultats prévisionnels du premier tour des présidentielles, annonçant un nouveau duel Macron – Le Pen, plusieurs centaines de manifestants ont manifesté leur colère dans les rues de Rennes et Lyon hier soir, avant d’être dispersés par la police.

lundi 11 avril

Crédit photo : Révolution Permanente Rennes

Macron en duel avec Le Pen, de nouveau. Hier soir, les résultats prévisionnels du premier tour des présidentielles, qui placent Macron favori à 27,84 % et face à lui Marine Le Pen qui récolte 23,15 % des suffrages, ont immédiatement suscité le dépit et la colère. Des réactions qui se sont retrouvées le soir même dans la rue, comme à Rennes et à Lyon, où des centaines de personnes ont manifesté pour s’opposer à un second tour 100 % réactionnaire.

A Rennes, suite à un appel diffusé sur les réseaux sociaux, près de 600 personnes ont défilé dans les rues du centre-ville à l’annonce des résultats. Vers 22h, les manifestants ont érigé des barricades sous les chants « Ni Le Pen ni Macron, ni patrie ni patron », avant d’être dispersés par la police. Le parquet a d’ores et déjà ouvert une enquête, et la maire de la ville a immédiatement condamné la mobilisation. A Lyon, plus d’une centaine de personnes se sont rassemblées pour manifester leur mécontentement dans le quartier de la Croix Rousse. La mobilisation avait été appelée la veille du premier tour, mais les résultats similaires à 2017 ont amplifié la colère. Dans la soirée, les manifestants sont rentrés dans une salle de la mairie alors que le dépouillement était toujours en cours. Ils ont été sortis par les assesseurs, et réprimés par la suite à coups de grenades lacrymogènes.

Ces manifestations, très précoces dans la séquence politique qui s’ouvre, incarnent le rejet de la politique néolibérale et réactionnaire que portent les deux finalistes du premier scrutin. Car après un quinquennat marqué par l’offensive sécuritaire lancée par le gouvernement Macron, celui-ci a beaucoup plus de difficultés à s’ériger en « barrage » à l’extrême droite, ce que les discours entendus hier soir dans la rue venaient appuyer.

Ainsi, ces premiers éléments de contestation montrent la marche à suivre face à un second tour Macron-Le Pen, qui annonce cinq années d’attaques contre notre camp social. A l’inverse d’un appel au « moins pire » lancé par plusieurs candidats hier soir, comme Fabien Roussel, Yannick Jadot ou encore Anne Hidalgo, l’heure est la préparation d’un troisième tour social. Car quelque soit l’issue de l’élection, la mobilisation par le bas sera la clé pour se défendre et contre-attaquer face aux offensives à venir.



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