^

Monde

États-Unis

Donald Trump suggère de reporter les élections pour éviter la débâcle

À seulement trois mois des élections présidentielles, Donald Trump a suggéré de reporter les élections. En butte à un cocktail explosif entre gestion catastrophique de la crise sanitaire, crise économique historique et manifestations antiracistes, le président américain redoute une débâcle électorale.

vendredi 31 juillet

Crédit photo : Reuters

L’élection présidentielle de 2020 devrait avoir lieu le mardi 3 novembre. Alors que tous les sondages sont négatifs et que sa popularité est en baisse, le président Donald Trump a suggéré ce jeudi sur les réseaux sociaux la possibilité de reporter la date de l’élection, faisant allusion à une possible fraude. Le tweet du président américain a été publié quelques minutes après que le rapport sur l’évolution du PIB entre avril et juin dans le pays ait été publié, indiquant que l’économie américaine a chuté à un taux annuel de 32,9 % au deuxième trimestre de 2020, ce qui représente la plus forte baisse trimestrielle jamais enregistrée.

« 2020 sera l’élection la plus INEXACTE ET FRAUDULEUSE de l’histoire. Ce sera un grand scandale pour les États-Unis. Retarder l’élection jusqu’à ce que les gens puissent voter correctement, en toute sécurité et sans risque ? »

Aux États-Unis, c’est le Congrès qui, selon la Constitution, a le pouvoir de fixer la date du vote. Cela signifie que Trump n’a pas le pouvoir de repousser une élection. Cependant, la simple évocation d’un report demandé par le président sortant reflète le niveau de crise auquel est confronté non seulement le gouvernement de Trump face à une réélection presque improbable, mais exprime aussi la situation à laquelle est confrontée la première puissance impérialiste mondiale. Même pendant la guerre de Sécession, les États-Unis n’ont pas reporté d’élections.

On peut s’étonner que Trump accepte le risque sanitaire et l’invoque comme argument, car il avait promis de donner la priorité à l’économie tout en minimisant le danger de la pandémie. Mais le fait est que le président a failli à tous ses calculs : il n’a sauvé ni la population ni l’économie. Les États-Unis ont connu ces derniers mois des faillites massives et des millions de personnes ont demandé l’assurance chômage, tandis que la catastrophe sanitaire a déjà coûté la vie à 153 000 personnes et le nombre d’infections a grimpé en flèche dans plusieurs États qui n’étaient pas touchés au départ, et que dans les grandes villes le risque d’une deuxième vague est de plus en plus présent.

Une politique active de consolidation de sa base de droite

Il y a deux mois, la mort de Georges Floyd aux mains des policiers blancs a déclenché un vaste mouvement international antiraciste. Aux États-Unis, les manifestations sont intenses et se poursuivent malgré la répression policière violente et acharnée. Face à ce bouleversement qui le menace, Trump a repris une loi du début des années 1800 qui permet de déployer des agents fédéraux et l’armée dans n’importe quel état sans l’approbation du gouverneur. Le test pilote se déroule dans la ville de Portland, où le déploiement d’agents fédéraux armés jusqu’aux dents n’a fait qu’empirer la situation, multipliant les affrontements et faisant de la ville un véritable champ de bataille. Suivant cette même logique, Trump espère répéter ce scénario à Seattle et à Chicago, imposant ainsi un renforcement sécuritaire très offensif pour draguer sa base éléctorale la plus à droite, mais à en juger par la situation à Portland, cela ne semble pas lui permettre de remettre sa campagne sur les rails.




Mots-clés

Crise sanitaire   /    Catastrophe sanitaire   /    Élections    /    Donald Trump   /    Etats-Unis   /    Monde