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Politique

Plus de 3000 décès

EHPAD : Le SAMU « n’a plus les capacités d’intervenir »

Emmanuel Grégoire, adjoint à la mairie de Paris, a fait état de la situation toujours plus catastrophique des EHPAD. Ce dernier s’émeut du fait que les résidents ne soient « pas pris en charge » par le SAMU, surchargé. Une situation qui fait pourtant office depuis le début de la crise. Explications.

jeudi 9 avril

Crédits photo : STEPHANE DE SAKUTIN - AFP

L’interview a été retransmis sur BFM TV ce jeudi matin. Le premier adjoint à la mairie de Paris évoque l’impossibilité pour le SAMU d’intervenir systématiquement au sein des EHPAD « Il est arrivé que nous soyons confrontés à des appels qui ne puissent pas être pris en charge et qui ont donc conduit à la mort, en établissement, d’un certain nombre de résidents atteints de Covid-19 ».

Alors que le COVID-19 a fait plus de 3000 victimes dans les EHPAD, le bilan pourrait risque encore s’alourdir. E.Grégoire explique en effet qu’aujourd’hui, le SAMU « n’est plus en capacité » de secourir les résidents atteints du virus.

Ce dernier souligne que cette situation est à généraliser à l’ensemble du territoire.« Le Samu ne vient pas, le Samu dit ’je ne peux pas’ et les patients restent dans leur chambre. C’est ce qui se passe dans les Ephad en France ». Surchargés à cause du manque de moyen, les services d’urgences sont confrontés à effectuer un tri au niveau de leurs interventions. « Il y a trop de gens gravement malades en même temps et une incapacité matérielle de notre système hospitalier à prendre en charge autant de gens malades en même temps » reconnaît E.Grégoire .

Une compassion qui passe mal

Dans son interview, E.Grégoire exprime son émotion : « L’impossibilité d’avoir revu leur famille, l’impossibilité d’avoir des soins dignes d’une fin de vie...Je le dis avec un peu d’émotion. On fait ce qu’on peut pour que ça aille le mieux possible ».

Précisons d’abord, que le principe visant à ce que les interventions du SAMU soit triées,fait office depuis le début du Stade 3 de l’épidémie. A.Vergnaud, président de l’association du collectif des ambulanciers (CATSUF), nous le confirme. « C’est un principe que nous sommes obligés d’appliquer. Face à un patient affaibli et possédant plusieurs pathologies en plus du COVID-19, il est préférable pour eux de bénéficier d’une prise en charge à domicile ».

Le SAMU n’intervient plus au sein des EHPAD, au profit d’un confinement et de soins administrés sur le lieu de résidence. Un « faute de mieux » qui découle directement de la surcharge des hôpitaux et du manque de moyen structurel des hôpitaux publics après des années d’attaques et de politiques austéritaires. Une casse de notre système de santé publique dont les effets délétères et meurtriers sont mis à nu dans le contexte de crise sanitaire, et dont les résidents d’EHPAD sont les premières victimes.

Un discours larmoyant qui passe mal, comme si l’adjoint socialiste découvrait que l’ensemble du système hospitalier peinait à affronter cette crise. « On ne peut pas leur reprocher » insiste-t-il. Certes. Alors à qui la faute ? Aux politiques austéritaires des gouvernements successifs ? Auxquelles le parti socialiste a par ailleurs contribué ? Aux réductions budgétaires des hôpitaux ?A la casse des services publiques ? Dans la ligne d’Edouard Philippe qui à défaut d’annoncer des mesures concrète se contentait de saluer les efforts des personnels des EHPAD, E.Grégoire nous dresse le tragique et lourd bilan de la situation, mais en évitant toute remise en cause et en omettant évidemment de pointer du doigt les responsables.




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