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Politique

Macron joue avec nos vies

Échec de la stratégie vaccinale de Macron et hôpitaux saturés : vers un confinement en Île-de-France ?

Un an après le premier confinement, l'épidémie est de plus en plus incontrôlable, les hôpitaux sont au bord du gouffre, et la question d’un nouveau reconfinement se pose à nouveau en Île-de-France. La solution offerte par le gouvernement est toujours aussi moyenâgeuse : le produit d'un an de gestion de crise erratique guidée par les profits avant tout.

mercredi 17 mars

Emmanuel Macron jeudi à l’Elysée. Crédit photo : THOMAS COEX/AFP

Emmanuel Macron a évoqué, lundi, de « nouvelles décisions » à prendre « dans les jours qui viennent » et la spectre d’un reconfinement plane sur l’Île-de-France. Les hôpitaux sont bondés, les services de réanimation saturés, les morts se comptent par dizaine chaque jour et le chef de l’État se retrouve à nouveau dos au mur. En Île-de-France, le taux d’incidence atteint un niveau similaire au mois d’avril 2020, avec 419 nouveaux cas par semaine pour 100.000 habitants, et survole au-dessus du seuil défini par Jean Castex ce dimanche comme un critère clé pour reconfiner. Fidèle à la la politique du replatrage permanent, le gouvernement a préféré communiquer sur le transfert de patients vers d’autres régions pour éviter le débordement des hôpitaux, plutôt que d’investir dans des lits et des moyens humains dans le système de santé public.

Un an après le premier confinement, la troisième vague est plus vivace que jamais, attisée par un variant anglais plus létal et contagieux, qui renforce la pression sur les hôpitaux à mesure que les places restantes en réanimation se font rares et précieuses.

Le « pari sur nos vies » du président de la République ne résiste pas, sans surprise, à l’épreuve du réel. La stratégie visant à s’appuyer uniquement sur le couvre-feu pour faire reculer l’épidémie avait déjà largement fait la preuve de son inconsistance, quand la mise en place d’un reconfinement local le week-end était déjà actée dans le Pas-de-Calais et dans les Alpes-Maritimes depuis plusieurs semaines et que les habitants franciliens seraient à leur tour proches de se voir imposer de nouvelles mesures de restrictions. Et pour cause, la situation est jugée « inquiétante » selon les mots du premier ministre Jean Castex, et lundi soir le nombre de malades hospitalisés en Île-de-France était de 1.166 soit davantage qu’au pic de la deuxième vague à l’automne 2020 quand ce week-end, déjà, étaient réalisées les premières exfiltrations de patients vers Bordeaux. Mercredi 17 mars, le Conseil de Défense, pourrait entériner l’instauration de nouvelles restrictions.

Un an après, le schéma semble donc se répéter, le gouvernement est incapable de nous offrir autre chose qu’une gestion liberticide et sécuritaire de la crise sanitaire, l’hôpital souffre des mêmes maux auxquels le Ségur n’a rien changé, et les échecs se succèdent. Après avoir été incapable de mettre à dispositions masques et tests pendant de longs mois, la macronie doit faire face au naufrage d’une campagne de vaccination désespérément lente, traversée par les tâtonnements et revirements brutaux.

Après les errements et réajustements de l’exécutif, il aura fallu se confronter aux pénuries et aux retards d’approvisionnement d’abord chez Pfizer (140.000 doses en moins fin janvier), puis Moderna (contraint de réduire d’un quart le nombre de doses livrées en février) et enfin AstraZeneca (qui aurait dû fournir 4,6 millions de doses d’ici mars au lieu des 17,5 millions de doses prévues par le contrat intitial). La suspension, lundi, du vaccin AstraZeneca est la dernière illustration de l’irrationnelle gestion de la crise par les capitalistes, dictée par le maintien des profits économiques et par le principe de la « concurrence libre et non-faussée ». Celle-ci nous impose d’exiger dans l’urgence la transparence totale sur les procédés de production des vaccins et la levée des brevets pour sortir de la logique de concurrence et de courses aux profits. En arrière-plan, la promesse du gouvernement d’une vaccination massive à l’été semble être sans lendemain et la stratégie vaccinale patine derrière les prédications incantatoires.

Une nouvelle fois ce sera aux hospitaliers de payer au prix fort l’incurie des politiques gouvernementales. Eux qui après avoir affronté la première vague sans masques, sans blouses, … disposent un an après d’encore moins de lits de réanimation que pendant la première vague.

Et si l’Élysée expliquait encore lundi vouloir échapper au reconfinement pour « éviter une option dont on connaît le coût », il s’agit surtout du « coût » économique pour le grand patronat. Parce que rien n’aura été épargné à la classe ouvrière qui, confrontée à une vague de licenciements sans précédent, subit une nouvelle attaque antisociale d’envergure avec la réforme de l’assurance chômage. Tandis que les habitants des quartiers populaires sont en première ligne face à la pandémie, aux violences policières, et aux attaques réactionnaires et islamophobes du gouvernement. Ou encore que les étudiants sombrent dans la précarité et la dépression. Et le fait est que mardi soir, sur BFMTV, Jean Castex semblait surtout préparer les esprits à un reconfinement de l’Île-de-France : « on est dans une situation préoccupante, critique, et très clairement des mesures du type de celles que l’on a utilisé dans le reste du territoire sont sur la table », a-t-il ainsi annoncé. Un an après c’est à nouveau le confinement qui guette, le « stop and go » ou la stratégie chaotique du gouvernement dictée par une politique qui privilégiera toujours les profits à nos vies. 




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