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Eric Ciotti soumet un projet de loi visant à interdire la diffusion d’images de policiers

Après près deux mois de gestion policière du confinement et d’images de violences policières en masse sur les réseaux sociaux, une proposition de loi liberticide a été déposée hier par le député Les Républicains. Elle vise à interdire la diffusion des images de policiers, militaires et douaniers dans l’exercice de leur fonction.

mercredi 27 mai

Crédit photo : Ludovic Marin / AFP

Ce mercredi, un projet de loi a été déposé par le député de l’aile droite du groupe Les Républicains, Eric Ciotti. Il a pour but l’interdiction de « la diffusion, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, de l’image des fonctionnaires de la police nationale, de militaires, de policiers municipaux ou d’agents des douanes » et vise explicitement « à rendre non identifiables les forces de l’ordre lors de la diffusion d’images dans l’espace médiatique ».

SI le projet est adopté, la diffusion de telles images pourrait en effet être punie de 10 000 à 15 000 euros d’amendes, accompagnées de 6 à 12 mois d’emprisonnement. Un projet qui entend répondre aux demandes des syndicats de police, tels que Alliance, qui, sous prétexte d’obtenir plus de sécurité dans l’exercice de leur fonction cherche à accroître leur impunité à l’heure où les vidéos de violences policières connaissent une diffusion massive sur les réseaux sociaux.

Cette proposition de loi s’inscrit dans un contexte de médiatisation croissante des violences policières. Depuis le début du confinement bon nmbre de vidéos de violences policières ont connu des diffusions massives. Cette semaine, Camélia Jordana a d’ailleurs sucité un tollé médiatique pour avoir dénoncé le racisme dans les rangs des policiers ainsi que les violences d’État tout en déclenchant une vague de témoignages et de soutiens.

C’est cette libération de la parole et multiplication des témoignages et vidéos qu’entend contrer Eric Ciotti. « La création d’application comme Urgence violences policières a pour effet de stigmatiser les forces de l’ordre, mais aussi de faire circuler, notamment sur les réseaux sociaux, des informations souvent erronées sur celles ci » a ainsi expliqué le député à propos d’une application visant à permettre d’enregistrer des vidéos de violences, enregistrées directement sur des serveurs, afin d’éviter que la police n’oblige à les effacer.

Dans la continuité liberticide de la loi Avia, dans laquelle un amendement portant sur le même sujet avait été proposé, la droite entend ainsi de briser l’important élan de dénonciation des violences policières. En même temps, elle assume une grave atteinte à la liberté d’expression et d’informer. Une mesure dont il faudra suivre le passage au Parlement, tant elle pourrait rencontrer la faveur du gouvernement et de ses députés.




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