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Évacuation de Stalingrad par la préfecture. Face à la misère sociale, toujours la répression

Ce vendredi, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a donné ordre à la Préfecture de Paris d’évacuer les rues Riquet et d’Aubervilliers où étaient installées plusieurs dizaines de personnes en situation de dépendance à la drogue. Pour le gouvernement comme pour la maire de Paris Anne Hidalgo qui avait appelé de ses vœux à une intervention policière, il s’agit une nouvelle fois de répondre à la misère sociale par la répression.

vendredi 24 septembre

Crédits photo : AFP / Christophe ARCHAMBAULT

Ce vendredi, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a donné instruction au préfet de police d’évacuer les rues Riquet et d’Aubervilliers où étaient installées plusieurs dizaines de personnes en situation de dépendance à la drogue. Cela faisait plusieurs jours que les tensions entre la mairie de Paris et la préfecture de Paris autour de la crise du crack dans le nord-est de Paris s’étaient accentuées, et ce sur fond de la campagne présidentielle, pour Hidalgo tant pour Darmanin et le gouvernement.

En effet, en mai dernier, la préfecture de Paris, de concert avec la mairie, avait pris la décision de regrouper les personnes en situation de dépendance à la drogue dans le nord des jardins d’Éole. En juin dernier, la mairie de Paris avait procédé elle-même à une évacuation, ce après quoi les déplacés avaient trouvé refuge dans les rues Riquet et d’Aubervilliers. La préfecture de Paris avait alors proposé de les déplacer vers la place Auguste Baron, une solution rejetée par la mairie de Paris, qui demandait « la prise en charge globale et pas le déplacement ».

Ce vendredi donc, Gérald Darmanin a dépêché la police sur les lieux pour réprimer et évacuer les personnes en situation de dépendance à la drogue, expliquant que la mairie de Paris l’y avait enjoint. Une intervention qui, si elle n’a pas été violente physiquement, vient s’ajouter à la longue liste des évacuations déjà vécues par les personnes en situation de dépendance à la drogue, sans cesse déplacées de parce en parc et, dans le même temps, stigmatisées, que ce soit par la police ou parfois par les populations riveraines. Pour le gouvernement, il s’agit, dans la droite lignée du quinquennat Macron, de répondre une nouvelle fois à la misère sociale par la répression. Dans ce sens, cette intervention n’est pas sans nous rappeler les images terribles de l’évacuation de la Place de la République en novembre 2020, lorsque la police n’avait pas hésité à saisir et déchirer les tentes des réfugiés qu’elle matraquait et gazait dans le même temps.

Selon le journaliste Charles Baudry, les déplacés ont été amenés dans un parc à porte de la Villette. Un énième déplacement qui ne constitue clairement pas une solution pour eux, et qui continue de les laisser dans la rue et dans la précarité.

La mairie, elle, n’a pas tardé à chercher à se dédouaner de cette opération clairement condamnable, le premier adjoint Emmanuel Grégoire s’étant par exemple empressé d’affirmer auprès des médias : « Nous ne comprenons pas que cette évacuation ait été organisée de façon totalement indépendante par la préfecture. » Pourtant, ce mercredi 21 septembre, la position faussement « humanitaire » d’Anne Hidalgo ne l’avait pas empêchée d’appeler la police à intervenir. Une prise de position par ailleurs prise sous pression de la mobilisation droitisante de plusieurs riverains excédés par la présence de personnes en situation de dépendance à la drogue. Mais à quel type d’intervention s’attendait-elle, de la part du préfet Lallement, éborgneur de Gilets jaunes et responsable de la mort de Steve à Nantes en 2019 ?

Si la mairie de Paris, en la personne d’Anne Hidalgo, a déjà proposé des solutions au problème de la drogue, ces solutions ne sont que des allures pour draguer son électorat de gauche. Les salles de consommation à moindre risque (SCMR) par exemple, bien qu’elles améliorent sensiblement les conditions de vie des personnes en situation de dépendance à la drogue et réduisent les risques liée à la consommation du crack, ne sont qu’un pansement à un mal plus profond, qui tire ses racines directement dans la pauvreté et le chômage, deux problèmes qui n’ont fait qu’accentuer sous le quinquennat Hollande. En ce sens, l’attitude d’Anne Hidalgo qui prône une intervention « humanitaire » est totalement hypocrite, lorsqu’on voit que les moyens investis dans la prévention de la consommation de drogue sont en réalité très faibles.

Aujourd’hui, il est certain que ce n’est ni par la répression, ni par des mesures pansements que le problème de la drogue, et particulièrement du crack, se résoudra mais bien en cherchant à résoudre le problème à sa racine, à savoir la misère sociale.




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