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Face à l’offensive de Macron contre les chômeurs, revendiquer la baisse et le partage du temps de travail

Le projet macroniste de réforme du RSA et l'offensive en cours contre l'assurance-chômage constituent une offensive majeure contre les travailleurs. Face à la traque aux chômeurs, il nous faut baisser et partager le temps de travail entre tous et toutes, une revendication ouvrière essentielle pour en finir avec le chômage de masse !

Adèle Chotsky

13 juin 2023

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Face à l'offensive de Macron contre les chômeurs, revendiquer la baisse et le partage du temps de travail

Crédits photos : Révolution Permanente

Une des mesures phares de Macron pendant sa campagne en 2022 se concrétise aujourd’hui avec l’offensive contre les chômeurs du gouvernement, qui tente de clore la séquence des retraites et de passer à autre chose. De ce point de vue, le projet de réforme Pôle Emploi (renommé « France Travail » pour l’occasion) qui vise à regrouper diverses allocations et à s’attaquer au RSA en obligeant les personnes qui le touchent à travailler est le couronnement d’une décennies d’offensive contre les droits des travailleurs au chômage.

Cette attaque prévoit, entre autres, de conditionner le versement du RSA à 15 à 20 heures d’activité hebdomadaires obligatoires pour pouvoir continuer à toucher la maigre allocation de 607,75€ par mois. Autrement dit, être contraint de suivre le parcours imposé par l’État et accepter des taches « d’insertion » non payées (formations, « immersion » et stages en entreprise…) sous peine de voir ses droits être suspendus et de se retrouver sans aucune indemnité.

Une chasse aux chômeurs justifiée par un argumentaire néo-libéral dans toute sa splendeur : il faudrait réformer pour durcir les sanctions, les « responsabiliser » et ainsi les « inciter » à trouver un emploi. Sous-entendu : si les chômeurs ne trouvent pas de travail, c’est sans doute parce qu’ils ne font pas l’effort de traverser la rue et qu’ils veulent continuer à profiter des « aides sociales ». En arrière-plan, comme nous l’écrivions : «  derrière la cabale sur les « assistés », le renforcement de la contrainte sur les bénéficiaires d’aides sociales et le regroupement des allocations chômage avec le RSA ciblent l’ensemble des travailleurs qui peuvent connaitre des périodes de chômage et d’inactivité. »

Lire aussi : France travail : traquer les chômeurs pour les obliger à accepter n’importe quel emploi

Le chômage : une arme du capitalisme pour faire pression sur les travailleurs

Ainsi, l’objectif du gouvernement est de nous contraindre à accepter n’importe quel emploi, sous n’importe quelle condition, et d’aller vers un marché du travail où les travailleurs sont soumis à une concurrence de plus en plus féroce. Les travailleurs sans emploi se retrouvant à accepter n’importe quelle offre, quitte à se retrouver corvéables à merci, et les travailleurs en emploi sous la pression d’être remplaçables facilement, puisque qu’ils ont la « chance » d’avoir un emploi et que des centaines d’autres pourraient accepter de travailler à leur place.

Le chômage est inhérent au système capitaliste, et est un outil précieux du patronat pour mettre en concurrence les travailleurs entre eux et faire pression à la baisse sur les salaires. Le fonctionnement du système repose sur l’existence d’une « armée industrielle de réserve », telle que la décrivait déjà Marx au XIXème siècle. Les travailleurs au chômage représentent un véritable réservoir de main-d’œuvre dont le patronat peut disposer, et qui sert à faire pression à la baisse sur les salaires et les conditions de travail. Face à un chômage massif, qui reflète la volonté du gouvernement et du patronat de faire payer la crise aux travailleurs, il faut défendre plusieurs revendications : en premier lieu le partage et la baisse du temps de travail, l’augmentation générale des salaires et leur indexation sur l’inflation, ainsi que l’interdiction des licenciements.

Répartir le travail entre tous et toutes

Le temps de travail en effet est un enjeu crucial de la lutte des classes : c’est le temps durant lequel un employeur fait travailler un salarié, qu’il soit mesuré en nombre d’heures par jour ou en nombre d’heures par semaine. Pour Marx, la valeur de toute marchandise est définie par le temps de travail nécessaire à sa production. Dans le système capitaliste, le travailleur va vendre sa force de travail à un capitaliste sur un temps donné. Pour les employeurs, étendre ce temps et le rendre le plus productif possible est donc une condition sine qua none pour maximiser le rendement et donc les profits.

L’histoire du temps de travail depuis la révolution industrielle peut donc être pensée comme l’histoire de cette lutte entre la volonté des employeurs d’étendre la journée de travail, et celle du mouvement ouvrier de réduire la journée de travail. Depuis la révolution industrielle, la journée de travail n’a cessé de diminuer, passant de 16 heures par jour à 12, puis à 8, sous la pression du mouvement ouvrier. Cette tendance historique a coïncidé aussi avec un développement technologique qui permettait une hausse de la productivité, et avec une augmentation de la population augmentant la force de travail totale disponible.

Ce qui subsiste, c’est l’absurdité de l’organisation capitalistes du travail, où certains s’épuisent au cours de longues journées à l’usine ou au bureau et croulent sous la charge de travail, les heures sup et la pression à la rentabilité, tandis que d’autres sont privés d’emploi ou condamnés à la précarité. Pour combiner baisse du temps de travail et création d’emploi, il faudrait répartir le temps de travail entre toutes et tous, pour résorber le chômage de masse et abaisser la durée et la pénibilité du travail. Cela changerait également totalement le rapport au travail, en réduisant le stress lié à celui-ci, en laissant plus de place pour les loisirs et la vie privée.

L’attaque que constitue la réforme du RSA est une attaque contre tous les travailleurs, face à laquelle il faut une réponse de l’ensemble du mouvement ouvrier. Elle pose les mêmes enjeux que la réforme des retraites en nous poussant à nous tuer toujours plus au travail. Après nos retraites, c’est donc à un autre acquis historique du mouvement ouvrier que s’en prennent Macron et ses députés. Plutôt que de négocier avec un gouvernement qui vise les plus précaires, les directions syndicales doivent se saisir de cette question, rompre avec le « dialogue social » et organiser la lutte contre le projet France Travail, de concert avec le refus de la réforme des retraites, mais aussi avec les luttes pour les salaires, nombreuses ces derniers mois.

Partager le travail pour travailler tous et toutes, en augmentant l’ensemble des salaires et minimas sociaux et en les indexant sur l’inflation pour faire face à la hausse du coût de la vie : ce programme n’a rien délirant et il est possible de l’obtenir… à condition de se battre, car ce ne sont rien d’autres que les mobilisations des travailleurs qui ont permis une diminution du temps de travail.


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