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Notre classe

Gare Montparnasse : un des principaux animateurs de la grève réprimé

Au 56ème jour de grève, Arnaud, secrétaire général du syndicat CGT des cheminots de Paris Montparnasse, a reçu une convocation prétendant lui infliger une sanction du niveau minimum de la mise à pied sans exclure la révocation. La direction SNCF persiste veut punir l’un des principaux animateurs de la grève à la gare Montparnasse.

samedi 15 février

Arnaud sur la base d’accusations mensongères de menaces et d’agression. Dans le premier cas, un dirigeant de la Traction (conducteurs) prétendait refuser à des grévistes la possibilité de rencontrer les collègues pour échanger sur les enjeux. Dans l’autre situation, un autre manager local a décidé de refuser la prise en compte des D2I (contrainte administrative à se déclarer gréviste 48h à l’avance) sous prétexte qu’il n’avait les effectifs non-grévistes nécessaires.

Le jeudi 6 février à 11h, le rassemblement de soutien à Arnaud et pour les libertés syndicales, devant le siège de la Direction régionale SNCF Voyages PRG, a réuni près de 500 participants, dont des cheminots bien sûr mais aussi des agents de la RATP, de la Ville de Paris, du secteur de l’énergie, des enseignants, des étudiants et des retraités. La fédération CGT des cheminots était également représentée. Les différentes interventions de ces secteurs en grève ont toutes, chacune à leur manière, fait le lien entre la répression du pouvoir et patronale et le combat contre cette contre-réforme des retraites. Arrêt de la procédure, pas de sanctions contre Arnaud ni aucun gréviste et retrait du projet de retraites par point, c’est un même combat. Ce rassemblement a été l’expression et à l’image du mouvement social historique : un haut niveau de combativité et de compréhension des enjeux dans une situation d’affrontement majeur entre le Capital et le Travail et la jonction de différents secteurs en lutte comme cela se fait lors d’AG ou d’actions locales. Car chacun comprend bien que « c’est ensemble et en même temps » qu’on peut gagner contre Macron et le Medef.

Le rassemblement a été un succès et a visiblement surpris, par son organisation et son ampleur, la direction régionale. Elle a d’ailleurs reçu pendant une heure et demie une délégation puis l’après-midi, lors de l’entretien préalable, pendant la manifestation interprofessionnelle (un hasard ?), Arnaud a eu l’occasion, outre de redire ses réponses à la demande d’explications, de démontrer qu’il s’agit d’une opération d’intimidation d’un responsable syndical, d’un leader du conflit en cours contre une réforme majeure de régression sociale, et qu’il s’agit donc aussi de la défense d’une liberté fondamentale, la liberté d’expression syndicale. Un entretien, très politique, donc. Les personnels en lutte des différents secteurs n’attendant qu’une chose : l’abandon total par la direction de la procédure de sanction contre Arnaud.

Et, le mouvement social pour le retrait du projet de Retraites par point n’est pas fini, au-delà de l’arrêt de la grève à La RATP et à la SNCF et des formes diverses prises actuellement dans plusieurs secteurs, les collectifs mobilisés se préparent et préparent le rebond de la grève reconductible. D’où viendra le déclic, où se produira la prochaine étincelle, quand et comment, nul ne le sait mais l’espoir demeure vif. On lâche rien, jusqu’au retrait (et même plus, faire le solde de plus de 25 ans de politiques néo-libérales : augmentation des salaires, réduction du temps de travail, égalité femme-homme, salaire étudiant, services publics…).

Article publié le 12 février sur L’Anticapitaliste.




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