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Grève à Radio France : la direction recule sous pression mais veut imposer des ruptures conventionnelles collectives !

La présidente de Radio France a annoncé suspendre le plan de départs volontaires sous pression de la mobilisation des salariés. Mais elle met sur la table le scénario de ruptures conventionnelles collectives.

vendredi 24 janvier

Crédits photos : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Au 52e jour de grève, la direction de Radio France commence à lâcher du lest. Par la voix de sa présidente, Sibyle Veil, a annoncé « suspendre » ce jeudi le plan de départs volontaires qui prévoit la suppression de 299 postes sur 4600 salariés. Des départs qui n’ont souvent rien de volontaire puisqu’ils sont l’objet de pressions de la direction pour forcer les salariés à partir. L’objectif pour Radio France est d’économiser 60 millions d’euros par suite de coupes budgétaires mises en œuvre avec le gouvernement.

Avec ce recul, les employés ont obtenu un premier succès mais la bataille est loin d’être gagnée. En effet, la direction exige des organisations syndicales qu’elles acceptent à la place des ruptures conventionnelles collectives. La direction ne s’est à ce jour engagé sur aucun chiffre mais il est fort probable que l’effectif soit le même que pour le plan de départs volontaires. Les conditions de départ sont certes plus favorables aux salariés mais sur le fond, rien n’a beaucoup changé. Surtout que la direction précise qu’en cas d’échec des négociations, elle remettrait sur la table le plan de départs volontaires.

En réalité, à travers ce chantage, la direction de Radio France cherche à obtenir une « trêve de la grève ». Cette manœuvre est consentie par la majorité des organisations syndicales représentatives qui ne remettent pas en cause le bien-fondé de ces suppressions d’emploi mais cherche seulement à en négocier le nombre. Depuis le début du mouvement le 25 novembre, seule la CGT a lancé un appel clair à la grève illimitée et une Assemblée Générale a annoncé reconduire le mouvement jusqu’au 27 janvier.

Mais au-delà même de la formule ou du nombre, c’est le principe même des suppressions d’emploi qui est à remettre en cause. Alors que les gouvernements successifs ont multiplié les cadeaux au grand patronat depuis plusieurs années à coups de milliards, Riester cherche à nous expliquer qu’il faudrait retirer 60 millions d’euros du budget de Radio France. C’est un coup d’austérité contre la culture qu’il faut collectivement résister.




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