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Politique

Expropriation des capitalistes !

Hausse du prix des vaccins, milliards de profits : Pfizer et Moderna se gavent en plein rebond épidémique

Selon le Financial Times, Pfizer et Moderna augmentent le prix de leurs vaccins en Europe à l’heure où elle craint une énième vague pandémique. Plus que jamais, il est urgent d’exiger la levée des brevets pour que ce ne soit pas à nous de payer cette crise pendant que les entreprises pharmaceutiques se remplissent les poches !

mercredi 4 août

Photos d’archive d’Albert Bourla, PDG de Pfizer. Crédits : AFP

Le Financial Times a révélé ce dimanche un scandale autour des prix des vaccins après avoir eu accès aux contrats entre l’Union Européenne et les laboratoires Pfizer et Moderna. Dans le cadre de négociations confidentielles, les deux parties auraient décidé d’augmenter les prix de leurs vaccins contre le Covid-19 : la dose de vaccin Pfizer passerait ainsi de 15,5 euros à 19,5 euros et la dose de vaccin de Moderna de 19 euros à 21, 5 euros. Ce type d’augmentation n’est pas nouveau ; il y a quelques mois, Pfizer avait déjà augmenté le prix de son vaccin de 25%, passant le prix de la dose de 12 euros à 15,50 euros.

Alors que les entreprises pharmaceutiques font déjà des profits faramineux au détriment de nos vies, ce n’est jamais suffisant. Selon un article du Capital : “Fin juillet, le laboratoire Pfizer prévoyait d’écouler cette année pour 33,5 milliards de dollars (28,23 milliards d’euros) de vaccins contre le Covid-19, soit bien plus que les 26 milliards de dollars (21,91 milliards d’euros) sur lesquels le groupe tablait deux mois plus tôt. Moderna tablait, en mai, sur des ventes annuelles de 19,5 milliards de dollars (16,43 milliards d’euros)”.

Ceci arrive dans un contexte où l’Europe craint une énième vague causée par le variant Delta, contre lequel ces vaccins ont prouvé leur efficacité. Les entreprises pharmaceutiques ont évidemment profité de cette nouvelle pour essayer de se remplir les poches, avec l’aval de l’UE. En effet, cette augmentation s’est faite grâce à un accord avec l’Union Européenne qui, depuis le début de la crise sanitaire, a montré qu’elle fera tout pour bien aménager les profits des entreprises privées, à l’image de leur vote contre la levée des brevets. Une réalité qu’ils cherchent à cacher dans des cadres où règne la plus grande opacité, soumis à des contrats de confidentialité qui ne leur “permettent” pas de rendre public le prix des vaccins.

Avec la révélation de ce scandale par le Financial Times, l’AFP a contacté les entreprises pharmaceutiques, qui n’ont pas réagi, tandis que la Commission européenne s’est cachée derrière la confidentialité des contrats pour ne pas avoir à se prononcer sur le sujet, et, comme le dit un article de LCI : “Elle a toujours refusé de communiquer les prix des vaccins”. Ce à quoi un autre article rajoute : “En mai, l’UE avait passé un nouveau contrat pour pour acheter jusqu’à 1,8 milliard de doses de vaccins à BioNTech-Pfizer livrables jusqu’en 2023, sans en révéler le prix.”. À la fin, toutes ces négociations faites dans les coulisses, et cette volonté de garder le savoir scientifique privé ne font qu’alimenter la défiance de la population vis-à-vis du vaccin, qui est pourtant un moyen clé pour en finir avec la pandémie du Coronavirus.

De plus, cette augmentation est sûrement conditionnée à un accès prioritaire aux vaccins, à l’heure où l’Europe craint une flambée épidémique à cause du variant Delta, et envisage même une troisième injection selon le Figaro. Encore une fois, le grand décalage entre les pays riches et les pays pauvres dans l’accès au vaccin est alarmant, comme le montre l’annonce de la présidente de la Commission Européenne, Ursula von der Leyen, qui annonçait en juillet disposer d’assez de doses pour vacciner 70% de la population adulte. Cet accord ouvre également la voie à ce que ce genre d’augmentation se généralise, ce qui rendrait l’accès au vaccin encore plus difficile pour les pays plus pauvres, et qui font face à d’autres variants comme le bêta.

Dans ce sens, plus que jamais, il est urgent d’exiger la fin de la propriété privée sur le savoir scientifique, avec la levée des brevets, et l’expropriation des laboratoires pharmaceutiques sous contrôles des travailleurs. Ce sont les travailleurs en première ligne, qui ont les mêmes intérêts que la population, les seuls en qui nous pouvons avoir confiance, et non pas en ceux qui ne cherchent qu’à faire plus de profit sur cette crise sanitaire. Ce n’est que comme ça que nous en finirons une fois pour toutes avec les ravages de cette pandémie et que les savoirs scientifiques seront mis au profit du plus grand nombre, et ce dans tous les pays.




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