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Répression de la presse

Iran. Le régime condamne à mort le journaliste Rouhollah Zam

Gholamhossein Esmaili, porte-parole de la plus haute instance judiciaire iranienne a confirmé ce mardi la condamnation à mort du journaliste opposant au régime Rouhollah Zam : « Oui, la cour suprême (...) a confirmé le verdict de la cour révolutionnaire ».

mercredi 9 décembre 2020

Le journaliste Rouhollah Zam lors de son audience au tribunal en juin 2020.

« Oui, la cour suprême (...) a confirmé le verdict de la cour révolutionnaire ». Gholamhossein Esmaili, porte-parole de la plus haute instance judiciaire iranienne a confirmé ce mardi 8 décembre la condamnation à mort du journaliste opposant au régime Rouhollah Zam.

Agé de 42 ans, Rouhollah Zam, est un journaliste indépendant notamment connu par le rôle qui a joué via le groupe Telegram « AdamNews » dans les manifestations contre la vie chère et le régime de 2017 et 2018. Après s’être exilé en France et avoir obtenu le statut de réfugié, le journaliste s’est fait arrêter le 14 octobre 2019 par les Gardiens de la Révolution dans des circonstances qui restent encore aujourd’hui imprécises. Son jugement pour la participation à ces révoltes que le régime iranienne tache de « sédition » a commencé le 10 février 2020 à Téhéran.

Il a été inculpé pour 17 chefs d’accusation parmi lesquels : espionnage au bénéfice de la France et d’Israël, fuite d’informations classifiés et insulte du guide suprême de la révolution. 13 de ces chefs d’accusation étaient liés, comme l’expliquait Gholamhossein Esmaili en juin, à la « corruption sur la terre », un crime à la définition très large et passible de peine de mort

Bien que la répression politique contre les journalistes ne soit pas une exception du régime théocratique iranienne, (au moins 860 journalistes ont été arrêtés, détenus ou exécutes entre 1979 et 2009), la condamnation à mort Rouhollah Zam répond à un contexte particulièrement instable marque par la crise économique, sociale et politique.

En effet, le régime est fortement contesté à la base depuis les mobilisations et les grevés historiques de début 2020 et à la fois il doit faire face à la stratégie de « pression maximale » imposé par l’impérialisme américain et ses alliés : sanctions économiques des Etats-Unis, après la sortie de Trump de l’accord nucléaire en 2018 ; tensions géopolitiques avec les États-Unis et leurs alliés dans le Golfe et enfin décrédibilisassion du régime aggravée à partir de l’assassinat de Qasim Soleimani et puis récemment de Mohsen Fakhrizadeh

Face à la dégradation économique du pays, les menaces extérieures, les limites évidentes de la classe dominante et le risque de contestation sociale qui plane sur le pays depuis les révoltes du début de cette année, le régime opère un tournant de plus en plus autoritaire. Notamment depuis les élections de février 2020 où le régime a mis en avant son « aile dure ». La condamnation à mort du journaliste opposant Gholamhossein Esmaili s’inscrit dans ce sens dans la volonté du régime d’étouffer la contestation sociale qui a été à la base des grèves et des révoltes qui ont remis en cause la République islamique ce janvier.




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