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Politique

Dissolution de la police

« J’adore cogner du singe » : Les policiers de la CSI93 se trahissent dans un enregistrement

« Moi le premier je reconnais, cogner du singe, j’adore ça. [...] Mais si on peut essayer de créer un temps mort entre chaque bavure, ce serait bien ». Dans une enquête révélée par Libération, après avoir tabassé Mohamed S, les écoutes de quatre policiers de la CSI93 démontrent une nouvelle fois le caractère structurel de la violence et du racisme de la police.

vendredi 4 juin

Crédits photo : Philippe Lopez/AFP

C’est à la suite du passage à tabac et de l’interpellation de Mohamed S en Seine-Saint-Denis que les écoutes ont enregistré une répugnante conversation entre policiers. La CSI93, au cœur de nombreux scandales est une fois de plus impliqué dans une affaire de violences policières et de leur justification révélée par Libération

Quatre policiers ont été entendus par le tribunal après avoir été enregistrés en train de débattre de la meilleure manière de passer sous silence les violences dont ils sont les auteurs. Le chef, Rémi.W, donnait selon le procureur une « leçon » aux trois autres pour qu’ils soient plus discrets dans leurs passages à tabac quotidiens. Il affirme « Je sais que c’est chiant, mais le prochain cycle on va essayer de faire encore plus propre. Tout du moins si on peut essayer, t’sais, de créer un temps mort entre chaque bavure, ce serait bien » » afin que cela passe plus discrètement avant d’ajouter « Moi le premier je reconnais, j’avoue cogner du singe, c’est un passe-temps exceptionnel. J’adore ça. ».

Ces paroles font suite au passage à tabac de Mohamed qu’il appelle « le bâtard » qui n’avait absolument, et évidemment, rien fait. Le « chef » explique alors aux autres la procédure dans ces cas-là : « Quand, il est abîmé, faut pas réfléchir, faut ramener. ». Comprendre « qu’il faut » interpeller et ramener au poste la victime afin de l’incriminer par un procès verbal enlevant toute responsabilité aux policiers. Pour avancer dans sa leçon, le chef explique : « Moi j’lui dis tu vas pas écrire comme ça. […] “Le mec il parle mal alors euh, y’a rébellion.’’ Là j’fais non Romu tu peux pas mettre ça comme ça. Tu tournes un peu quoi. ».

Jusqu’à l’écoute de ses enregistrements, les policiers n’avaient jamais été inquiétés par leur direction et l’institution policière qui couvre, voir cautionne ce genre de scandale. Même le préfet de Paris, Didier Lallement, avait annoncé dans un coup de com’ vouloir dissoudre la CSI93, avant de faire marche arrière. Finalement, les policiers ont été condamnés à quatre mois de prison avec sursis pour deux d’entre eux et à douze mois de prison avec sursis et cinq ans d’interdiction d’être policier pour les deux autres.

De bien faibles peines face à la gravité des actes, face à une police raciste et violente de manière structurelle qui se couvre perpétuellement et fait de la répression son credo intemporel. Face à cette situation, il est nécessaire de revendiquer la mise en place de commissions d’enquête indépendantes de l’État et le retrait immédiat de toutes les forces de police mobilisées pour réprimer les jeunes de quartiers !




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