^

Notre classe

Greenwashing

La Bretagne et Rennes Métropole offrent 3,8 millions d’euros à Stellantis pour son projet de greenwashing

Rennes Métropole et la région Bretagne avec à leur tête le PS, EELV et le PCF subventionnent Stellantis pour un nouveau projet. En réalité, Stellantis veut se repeindre en vert et ne lâche rien sur le terrain social face aux revendications des salariés.

jeudi 5 janvier

Crédits photo : Eric PIERMONT / AFP

Lundi 19 décembre, Rennes Métropole et la région Bretagne ont accordé une subvention de 3,8 millions d’euros à Stellantis pour le site de la Janais, au sud de Rennes. Cette aide intervient alors que le groupe a annoncé la conversion de lignes de production pour la fabrication de véhicules électriques d’ici 2025. Rennes Métropole et la région Bretagne sont dirigées par le Parti Socialiste, qui est soutenu par le PCF et EELV dans le cas de la région Bretagne. Alors même qu’ils s’opposent aux « super-profits » dans le cadre de la NUPES à l’Assemblée nationale, ils accordent une subvention à une entreprise qui a enregistré des bénéfices records en 2021 avec 13,4 milliards d’euros de profits.

Ainsi, les partis de gauche qui sont à la tête de la région Bretagne et de Rennes métropole prennent à la lettre le greenwashing de Stellantis comme le montre l’intervention de Nathalie Appéré, maire de Rennes et présidente de Rennes métropole : « Notre ambition est de faire de La Janais un site exemplaire de l’industrie du futur, riche en emplois et pauvre en carbone. » Ce discours laisse croire que les industriels comme Stellantis pourraient jouer un rôle dans la transition énergétique alors que ce sont uniquement les profits potentiels qui régissent les politiques du groupe. Les technologies « vertes » comme la voiture électrique posent par exemple de nouvelles questions comme la question du recyclage des matières premières. Loin de vouloir jouer un rôle dans la transition énergétique, Stellantis a tout intérêt à amorcer un changement de stratégie vers l’électrique alors que les voitures électriques représenteront quasiment 50% du marché en 2030 selon les prévisions.

D’autant plus que sur le terrain social l’entreprise ne lâche rien face aux revendications des salariés. Après des mobilisations sur plusieurs sites de PSA fin septembre et début octobre dont le site de la Janais à Rennes, les négociations annuelles obligatoires ont entraîné une augmentation de seulement 4,4% selon la CGT Stellantis alors même que l’inflation est autour des 6%, ce qui entraîne une perte de salaires réels. Il n’y a aucune confiance à donner à Stellantis qui ne défend que ses intérêts. Pour une transition énergétique qui soit effective et qui ne soit pas régie par des réajustements stratégiques capitalistes, il faut défendre le contrôle ouvrier sur la production.



Mots-clés

Stellantis    /    Constructeurs automobiles   /    PSA   /    Automobile   /    Notre classe