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« Le Monde d’après commence à Beaumont-sur-Oise ». IVème Marche pour Adama le 18 juillet

Le Comité Justice et Vérité pour Adama est devenu le fer de lance de la lutte contre les violences policières et le racisme en France. Ce 18 juillet aura lieu comme tous les ans depuis 2016 une marche à Beaumont-Sur-Oise alors que la famille Traoré exige encore aujourd'hui la vérité sur les circonstances de la mort d'Adama. Une marche qui cette année, dans un contexte de mobilisation internationale contre les violences policières et le racisme, a une dimension toute particulière, et que le Comité a choisi de mener côte à côte avec la « Génération climat » en posant ouvertement la question du « monde d’après ».

mercredi 1er juillet

Crédit photo : Basile Mesré-Barjon

La mort de G. Floyd aux Etats-Unis aura marqué un tournant dans la situation politique à l’international. Ainsi, Le 2 juin dernier, ce sont 80 000 personnes en France, qui se sont réunies devant le Tribunal de Grande Instance de Paris à l’appel du Comité pour Adama. En quelques jours seulement, un début de mobilisation s’est enclenché en réaction à la mort de G. Floyd, et aux nombreux morts, cas de violences policières racistes, dont la police française est responsable. Un mouvement qui a été rythmé depuis par plusieurs démonstrations de rue, que ce soit les deux marches des solidarités pour les sans-papiers, la grande mobilisation du 13 juin place de la République à Paris réunissant plus de 120 000 personnes ou encore la marche pour Lamine Dieng le samedi 20 juin dernier. La prochaine mobilisation de rue qui se prépare est celle du 18 juillet qui chaque année réunit des milliers de personnes en soutien au combat de la famille Traoré.

Cette année cette marche prend une toute autre dimension dans le contexte de début de mobilisation internationale contre les violences policières et le racisme. Le Comité Adama veut en faire une journée clé de mobilisation massive pour exiger vérité et justice pour Adama et toutes les victimes de violences policières et racistes, une journée pour « faire front commun contre ce système violent qui opprime, étouffe et détruit notre avenir ». Dans ce sens, Assa Traoré, devenue au fil des années une figure et un symbole de la lutte, affirmait le 2 juin dernier face à une foule de jeunes révoltés « Aujourd’hui on a exprimé notre révolte, ce n’est plus le combat que de la famille Traoré mais de vous tous, quand on se bat pour G. Floyd on se bat pour Adama, Gaye Camara et tous les autres (...) On doit être le porte-voix de ce qu’il se passe en France, tirer le rideau sur ce qu’il se passe sur les personnes racisées ». Ceux auxquels elle s’adresse c’est celles et ceux qui sont désormais nommés la « génération Adama », une jeunesse racisée mais aussi non racisée, qui a grandie avec le combat de la famille Traoré, et est descendue massivement dans la rue, souvent pour la première fois, le 2 juin dernier.

Ce début de mobilisation contre les violences policières et racistes, a explosé dans un contexte de crise sanitaire, sociale, et économique où les personnes noires, et les personnes racisées, ont été fortement touchées par le Covid, ses conséquences économiques et la répression policière dans les quartiers populaires. Accélérateur et révélateur des inégalités sociales, le Covid a frappé violemment les zones les plus paupérisées qui sont celles aussi où résident majoritairement les personnes racisées. Le « monde d’après » pour le moment ressemble à celui d’avant en pire avec un chômage massif, des licenciements, la poursuite de la destruction des services publics, et de l’impunité policière ainsi que du permis de tuer dont dispose les policiers. Ainsi, en pleine mobilisation contre les violences policières racistes et l’impunité de la police, le ministre de l’intérieur a fait le choix de généraliser l’usage du taser, la justice a condamné un policier à une amende de 1350 euros pour avoir défiguré au LBD une jeune fille de 19 ans ou encore a conclu l’affaire d’un jeune éborgné à Rennes sur un non-lieu pour les deux policiers inculpés.

Plus encore, Christophe Castaner a ouvertement exprimé sa solidarité aux divers rassemblements organisés par des policiers, munis de leurs armes de fonction, dans Paris en réaction à la mobilisation. L’institution policière est donc clairement soutenue par le gouvernement, qui protège régulièrement les policiers accusés de violences policières et circonscrit les cas de violences policières ou/et racistes à l’œuvre de quelques « brebis galeuses ». Pourtant les groupes Facebook de milliers de policiers au contenu explicitement raciste et sexiste, les violences policières répétées et systématiques ces dernières années dans les quartiers populaires et dans toutes les mobilisations, les sommes astronomiques versées dans l’armement policier, montrent qu’il existe bel et bien un corps policier homogène, formé, armé, pour réprimer, gazer, mutiler, humilier, et ce sous l’égide du ministère de l’intérieur et du gouvernement.

Ce 18 juillet prochain doit être une nouvelle journée de mobilisation massive contre les violences policières et le racisme à laquelle devrait se joindre toutes celles et ceux qui luttent contre les politiques du gouvernement qui a besoin de ses institutions, la police, mais aussi la justice, pour empêcher tous ceux qu’il étouffe quotidiennement par le racisme, les violences policières ainsi que la précarité, le chômage, de relever la tête. En ce sens, l’événement du Comité Adama entend unifier « Génération Adama » et « Génération Climat » : « pour faire front commun contre ce système violent qui opprime, qui étouffe, et détruit notre avenir. Nous marcherons ensemble pour dire : On veut respirer dans nos quartiers, dans nos rues, dans nos vies. Par ailleurs, alors que les directions syndicales restent silencieuses jusqu’à présent sur la mobilisation, une centaine de syndicalistes ont appelé à soutenir et rejoindre les mobilisations contre les violences racistes policières afin de commencer à construire l’unité du mouvement ouvrier avec les luttes anti-racistes. Sud Education 93 a également sorti un appel à la mobilisation du 18 juillet.
C’est cette unité que nous devons construire le 18 juillet contre les violences policières racistes et le racisme qui existent dans nos quartiers populaires, nos mobilisations, nos entreprises, nos universités et nos services publics. C’est cette unité qui sera à même de renforcer le rapport de force que nous devons construire partout pour leur imposer notre monde d’après.




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